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Dix nouveaux mammifères anciens découverts grâce aux fourmis

fossiles fourmis moissonneuses
Une dent de mammifère fossilisée qui a été retirée de la surface d'une fourmilière. Crédits : Clint Boyd

Une équipe de paléontologues annonce avoir identifié une dizaine d’espèces de mammifères anciens jusque-là inconnues de la science. Cette nouvelle découverte n’aurait peut-être pas été possible dans le soutien de milliers de petites fourmis particulièrement agressives. Les détails de l’étude sont publiés par le Rochester Institute of Vertebrate Paleontology.

Une brosse, un pinceau, un pic, un burin ou encore un tamis, tous les paléontologues envoyés sur le terrain emportent avec eux toutes sortes d’outils de base nécessaires pour opérer des fouilles. Dans certaines régions du monde, les fourmis moissonneuses peuvent également donner un coup de main.

La plupart des espèces de fourmis moissonneuses vivent en effet dans des terriers souterrains nichés sous des monticules de terre. Les insectes fortifient ces monticules en les recouvrant de morceaux de roche et autres matériaux résistants, dont des fossiles, voyageant parfois sur plusieurs dizaines de mètres pour aller chercher de quoi travailler.

C’est notamment le cas dans les badlands du Wyoming, du Nebraska et du Dakota du Sud, aux États-Unis. Les fossiles y sont abondants et peuvent être trouvés dans des sols meubles. Identifier les plus grosses pièces ne pose généralement pas trop de problèmes. Cependant, c’est plus difficile pour les plus petits fossiles. C’est là qu’interviennent ces fourmis.

Compte tenu de ces contraintes de taille, les fourmilières de moissonneuses se présentent en effet comme de véritables aubaines dans la chasse aux fossiles de microvertébrés. Des dents de mammifères sont également parfois trouvées, évitant ainsi aux paléontologues de passer des heures sur le terrain à tamiser le sable et la terre. Autrement dit, les fourmis font le plus gros du travail et les chercheurs n’ont plu qu’à se servir au prix de quelques morsures.

Dix nouvelles espèces anciennes

En 2015, un chasseur de fossiles amateur du comté de Sioux, au nord-ouest du Nebraska, avait remarqué un nombre impressionnant de dents et de mâchoires fossilisées au sommet des fourmilières de sa propriété. Conscient de la valeur de son butin, il avait alors envoyé des échantillons à Clint Boyd, un paléontologue de la région.

Au cours de ces sept dernières années, le Dr Boyd aurait identifié les restes de plus de 6 000 spécimens identifiables, dont les représentants de dix espèces nouvelles.

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À gauche, une vue aérienne de la fourmilière. Les dents de mammifères font partie des particules plus foncées. À droite, des dents et mâchoires appartenant à d’anciennes musaraignes. Crédits : Clint Boyd/Rochester Institute of Vertebrate Paleontology

Ces nouvelles espèces comprennent un parent des castors, un parent des écureuils modernes ou encore le plus petit membre d’un groupe de rongeurs éteint depuis longtemps connu sous le nom d’Eomyidae. Tous ces animaux évoluaient il y a 33 à 35 millions d’années.

Ces travaux jettent un nouvel éclairage sur la diversité des mammifères qui existaient en Amérique du Nord à cette époque, alors que le climat se refroidissait considérablement. Comprendre ces données pourrait aider les scientifiques à mieux prédire comment les mammifères d’aujourd’hui pourraient réagir au changement climatique.