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Malgré l’érosion, les Alpes continuent de pousser !

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Les montagnes évoluent en raison de l’érosion ainsi que du soulèvement de la croûte terrestre. En ce qui concerne les Alpes, les experts estimaient que ces deux phénomènes avaient trouvé une sorte d’équilibre. Or, une étude suisse a montré que ce n’est pas le cas partout dans le massif.

Mesurer le taux d’érosion moyen du massif

Lorsque nous observons des montagnes, celles-ci semblent en quelque sorte définitives. Néanmoins, elles continuent leur évolution, à la fois sous l’effet de l’érosion et du soulèvement de la croûte terrestre. Dans une étude publiée dans la revue Earth-Science Reviews, des chercheurs de l’Université de Berne (Suisse) ont récemment affirmé que les Alpes suisses en particulier poursuivaient leur croissance.

Dans le cadre de leurs recherches, les scientifiques ont mesuré la concentration en béryllium 10 dans le sable de plus de 350 rivières du massif alpin. Or, le fait est que cet isotope se forme seulement dans les premiers mètres de la surface en fonction de l’exposition aux rayons cosmiques. La présence de béryllium 10 en quantité témoigne donc d’une surface assez ancienne. L’étude en question avait donc pour objectif de mesurer le taux d’érosion moyen sur plusieurs milliers d’années.

alpes neige
Crédits : Needpix

Des scientifiques plutôt surpris !

Selon les résultats, les taux d’érosion peuvent fortement varier d’une région à une autre. Néanmoins, ceux-ci se situent en moyenne autour de 400 mm par millénaire. Les chercheurs donnent les exemples du Valais où ils ont mesuré 7 500 mm par millénaire en opposition aux 14 mm de la Suisse orientale. Pour les chercheurs, il s’agit là d’une véritable surprise. En effet, ils pensaient que le soulèvement et l’érosion étaient en équilibre sur l’ensemble du massif. Par ailleurs, la différence entre le soulèvement et l’érosion peut atteindre 800 mm par millénaire dans les Alpes centrales. Cette région continue donc de croître à une cadence plutôt élevée.

Les chercheurs évoquent également une autre surprise. Dans les paysages très escarpés, la plus grande influence sur l’érosion provient de la pente et du relief du terrain. Ainsi, ils pensent que les grands glaciers du Quaternaire ainsi que les mécanismes en lien avec la collision des Alpes ont joué (et jouent encore) un rôle majeur au niveau les mécanismes de l’érosion.

Côté français, la Chambre Départementale des Géomètres Experts de la Haute-Savoie a réalisé une série d’expéditions sur le Mont-Blanc depuis le début des années 2000. L’objectif ? Réaliser une série de relevés afin d’obtenir une modélisation en 3D ainsi qu’une mesure très précise de son point culminant. Or, le plus haut sommet de France avait surpris les chercheurs, car celui-ci a également tendance à poursuivre son élévation.