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Malgré l’ablation d’une partie de son cerveau, ce garçon a des capacités intellectuelles normales

Crédits : Flickr

Afin de venir à bout de son épilepsie, un jeune garçon âgé de seulement 7 ans s’est fait retirer pas moins du tiers de l’hémisphère droit de son cerveau. Trois ans plus tard, l’enfant s’est remis sur pieds et a retrouvé toutes ses capacités cognitives.

Le jeune garçon, dont le nom et la nationalité n’ont pas été précisés a subi sa première crise d’épilepsie (ou mal comitial) à l’âge de 4 ans. Rappelons que parfois, aucun traitement n’est réellement efficace pour venir à bout de cette affection neurologique touchant tout de même plus de 50 millions de personnes à travers le monde.

L’équipe de médecins menés par la neurochirurgienne Tina T. Liu de la Carnegie Mellon University (États-Unis) décide alors d’opérer l’enfant alors âgé de six ans et neuf mois, afin de pratiquer l’ablation d’une partie de son hémisphère droit. Selon une étude parue dans la revue Cell le 31 juillet 2018, l’enfant aujourd’hui âgé de 10 ans a retrouvé des capacités intellectuelles normales.

L’épilepsie ayant touché le garçon était provoquée par une tumeur cérébrale située dans le lobe temporal postérieur droit. Ce sont donc les trois quarts de ce même lobe temporal et l’intégralité du lobe occipital qui ont fait l’objet d’une ablation. Cette opération nommée lobectomie temporale n’est d’ailleurs pas si rare dans ce genre de cas. Les médecins ont également précisé que « 10 à 30 % des personnes épileptiques ne peuvent pas être soignées par traitement médicamenteux », ce qui nécessite une opération.

Une opération pratiquée sur le cerveau est toujours dangereuse. Évoquons également le fait que le lobe occipital gère la vision et la reconnaissance des visages et des formes, tandis que le lobe temporal joue un rôle dans la vision – mais est également actif au niveau de la mémoire et du langage.

Les médecins ont volontiers pratiqué cette opération car selon eux, le plus tôt possible était le mieux en raison du fait que les enfants ont une plasticité du cerveau bien meilleure que celle des adultes. Le risque pour le patient d’être opéré tardivement est incarné par de possibles retards mentaux.

Par la suite, l’enfant a été suivi durant les trois années après l’opération notamment par le biais d’IRM. Le fait est que son hémisphère gauche se réorganisait à mesure qu’il grandissait, dont certaines parties prenaient le relais des éléments retirés de l’hémisphère droit lors de l’opération.

Ainsi, le garçon a retrouvé toutes ses capacités cognitives grâce à son jeune âge, mais a malheureusement perdu la vision du côté gauche de ses deux yeux. En effet, ce côté de la vision est géré par la partie droite du cerveau, et l’absence de récupération du champ visuel gauche signifie que « la topographie du cortex visuel précoce est établie et fixée au plus jeune âge » selon Tina T. Liu.

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