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La Maison Blanche dévoile son plan pour sauver les abeilles

Crédits : PollyDot / Pixabay

Ça bourdonne à la Maison Blanche, celle-ci a dévoilé le 19 mai dernier un plan d’action nationale pour sauver les pollinisateurs en péril ! Face à cette menace bien réelle pour les abeilles, la mise en place d’actions concrètes est plus que jamais nécessaire.

Une espèce au bord de l’extinction

Selon le ministère américain de l’agriculture, les apiculteurs auraient perdus 42% de leurs colonies d’abeilles depuis un an, dont la majorité durant l’hiver dernier. Une perte qui s’inscrit dans la continuité des années précédentes (45% des colonies avaient disparus durant l’année 2012-2013). Le problème étant d’autant plus difficile à combattre que la menace n’est pas clairement établie, les abeilles quittent la ruche pour ne pas y revenir, sans raison apparente.

Jeff Pettis, co-auteur de l’étude publiée par le ministère américain, a déclaré que « des pertes aussi importantes toute l’année étaient très inquiétantes » avant d’ajouter que « les chercheurs doivent trouver de meilleures réponses à l’origine des évènements qui mènent à ces pertes ». Un phénomène étrange, repéré depuis 2006 en Europe et en Amérique du Nord principalement, qui pourrait voir les insectes pollinisateurs les plus importants disparaître d’ici quelques années. D’où la nécessité absolue d’appliquer des mesures immédiates pour inverser la tendance.

Une menace floue et des solutions insuffisantes

À l’heure actuelle, plusieurs facteurs peuvent être considérés comme à l’origine de ces disparitions. À savoir : des mites parasites, un virus, l’utilisation excessive de pesticides (leur faisant perdre le sens de l’orientation) ou encore la réduction d’éléments nutritifs disponibles dans la nature.

Pour y faire face, le gouvernement américain a décrété vouloir « accroître l’étendue et la qualité de l’habitat des pollinisateurs [notamment en développant des] jardins près des immeubles fédéraux [et en travaillant] à la restauration de millions d’hectares de terres domaniales et privées ». Dans la même logique de protection des abeilles, « atténuer les effets [des insecticides] est une priorité du gouvernement fédéral ».

Bien que satisfaites par la mise en place de ce plan d’action national pour protéger les abeilles, les associations de défense de la nature aux États-Unis considèrent que le gouvernement ne va pas assez loin, notamment quant à la restriction des pesticides. Cela fait écho à un moratoire demandé en avril par l’EPA (Environnemental Protection Agency) pour bloquer l’utilisation de pesticides (notamment les néonicotinoïdes) jusqu’à ce que la preuve de leur nocivité sur l’environnement soit établie (ou non). L’Union Européenne a d’ailleurs récemment décidé d’interdir une partie de ces pesticides sur le territoire européen, ceux-ci étant accusé par de nombreux scientifiques d’être la cause principale de l’hécatombe chez les abeilles.

Des objectifs optimistes

Ce plan prévoit de limiter à 15% la mortalité des abeilles pendant l’hiver pour les dix prochaines années, ce qui s’avère très optimiste face aux actuels constats.

Enfin, le plan d’action américain s’intéresse aussi aux populations de papillons monarques, qui a baissé de 90 % (voire plus) ces deux dernières décennies. Le but serait d’accroître son nombre à 225 millions d’ici 5 ans. Un objectif qui semble relativement déconnecté de la réalité.

Quoi qu’il en soit, ce plan de protection des abeilles (et des insectes pollinisateurs en général) était nécessaire puisque l’avenir de l’espèce humaine en dépend. En effet, un tiers de la nourriture mondial résulte de l’action de ces insectes pollinisateurs. La France, et même l’Europe, vont-ils suivre l’exemple des États-Unis et proposer à leur tour un plan de protection de cette espèce en danger de mort ?

Source : NPR