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Madagascar fait face à la plus grande épidémie de rougeole de son histoire

Crédits : Pixabay

Madagascar est en pleine crise sanitaire. Plus de 1 200 personnes – des enfants en grande majorité – sont décédées sur l’île depuis le mois d’octobre 2018. Et 115 000 autres sont toujours infectées par la maladie.

L’année dernière, le nombre de cas de rougeole signalés a augmenté de plus de 30 % dans le monde entier, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié en décembre dernier. Des cas ont été signalés un peu partout sur la planète, mais la crise la plus importante semble s’opérer actuellement à Madagascar, où la couverture vaccinale n’est pas suffisante. Plus de 115 000 cas ont été officiellement recensés depuis septembre, et le bilan est d’au moins 1 200 morts, selon l’Associated Press.

Manque de vaccins et malnutrition

Sur place, les infrastructures médicales ne sont malheureusement pas assez développées pour pouvoir soutenir la population qui, pour ne rien arranger, souffre de malnutrition chronique. Une condition qui augmente considérablement les risques de complications en cas de rougeole déclarée. «La malnutrition est le lit de la rougeole, note en effet le docteur Dossou Vincent Sodjinou, épidémiologiste à l’OMS à Madagascar. Et l’épidémie continue de prendre de l’ampleur».

Outre les problèmes de malnutrition, notons que que la couverture vaccinale – principal bouclier contre la maladie – ne dépasse pas les 60% sur l’île. Une couverture à hauteur de 95% est obligatoire pour avoir une chance de tenir la rougeole en échec. À la différence des États-Unis ou de l’Europe, ce faible taux de vaccination n’est ici pas le résultat d’une “peur” des vaccins. Les malgaches n’ont pas le choix. Les traitements sont trop chers, et pas assez disponibles.

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Madagascar face à l’épidémie de rougeole la plus meurtrière de son histoire. Crédits : Flickr / Pan American Health Organization PAHO

Les croyances ont la peau dure

Il arrive parfois – peut-on lire dans africanews – que certains parents préfèrent également se tourner en premier lieu vers les médecines traditionnelles avant la vaccination. Et bien souvent, il est déjà trop tard. L’article relate, par exemple, le cas d’une jeune fille de 8 ans, à qui un tradi-praticien avait prescrit six bains par jour. Son état ne s’étant bien évidemment pas arrangé, le père de la fillette a finalement décidé de la conduire au centre de soins le plus proche. Malheureusement, la jeune fille est décédée sur le chemin.

Outre Madagascar, l’UNICEF notait le mois dernier des éclosions “significatives” de rougeole au Brésil, aux Philippines, au Yémen et en Ukraine. Il y a quelques jours, l’OMS nous apprenait également que rien que pour le premier trimestre 2019, le nombre de cas était 300% plus élevé que pendant le premier trimestre 2018.

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