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La citadelle du Machu Picchu est plus ancienne que prévu

Crédits : Free-Photos/Pixabay

Une équipe de chercheurs s’est appuyée sur des méthodes améliorées de datation au carbone pour examiner des restes humains excavés sur le site du Machu Picchu. D’après ces analyses, la citadelle inca aurait été construite et habitée des décennies plus tôt qu’on ne le pensait auparavant.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983, le Machu Picchu est l’un des sites archéologiques les plus célèbres au monde. Jusqu’à présent, les détails de son histoire étaient largement basés sur des récits coloniaux contradictoires écrits par les Occidentaux dans la période suivant la conquête espagnole. Ces récits suggèrent que le Machu Picchu a été construit à partir de 1438-1440, mais sont-ils fiables pour autant ?

Pour le savoir, l’archéologue et anthropologue Richard Burger et son équipe, de l’université de Yale (Connecticut, États-Unis), ont examiné les restes de vingt-six personnes excavés dans trois cimetières du Machu Picchu. Leurs travaux sont publiés dans la revue Antiquity.

Un écart de vingt ans

Les chercheurs se sont appuyés sur une technique connue sous le nom de spectrométrie de masse par accélérateur (AMS) pour mesurer le rapport des isotopes de carbone 14 dans les ossements. Partant du principe que ces isotopes se désintègrent à un certain rythme et cessent de s’accumuler après la mort des êtres vivants, leur quantité permet de révéler l’âge des matières organiques.

L’analyse de ces restes humains suggère que le Machu Picchu était déjà habité en 1420 au plus tard (et probablement plus tôt), soit près de vingt ans plus tôt que prévu, et ce, jusqu’en 1530. Cette dernière date coïnciderait à peu près avec le début de la conquête de l’Empire Inca par les Espagnols. “Il s’agit de la première étude basée sur des preuves scientifiques à fournir une estimation de la fondation du Machu Picchu et de la durée de son occupation“, explique Richard Burger.

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La citadelle inca du Machu Picchu explorée par Hiram Bingham en 1911. Crédits : Burger et coll. / Antiquiy

Ces nouvelles découvertes remettent ainsi en question la fiabilité de l’utilisation des documents historiques des forces coloniales “fortement influencés par la propagande politique, la supériorité religieuse et la voix subversive globale de l’empire espagnol“, note le Dr Trish Biers, coauteur de l’étude. “Les méthodes modernes au radiocarbone fournissent une base plus solide pour comprendre la chronologie Inca“.

En plus de mettre en doute la fiabilité des archives coloniales, ces analyses ont des implications sur la rapidité avec laquelle l’Empire Inca est arrivé au pouvoir. Si l’on se base sur l’année 1420, alors le Machu Picchu aurait été construit pour l’empereur Pachacuti, crédité d’avoir considérablement étendu l’État inca en conquérant les régions voisines.