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Pourquoi l’US Navy désire revenir à la navigation au sextant

Crédits : Official Navy Page / Wikipedia

Depuis environ un quart de siècle, le GPS incarne une véritable révolution en matière de géolocalisation. Néanmoins, celui-ci est exposé au piratage, ce qui pousse la marine des États-Unis à réfléchir au retour à une méthode plus ancienne : le sextant.

Le GPS performant, mais pas assez sûr

Aujourd’hui, de nombreux domaines utilisent le Global Positioning System (GPS) pour se repérer. Citons les différentes armées, le transport maritime, et bien sûr toutes les personnes ayant un GPS embarqué dans leur véhicule. Évoquons surtout la démocratisation de cette technologie au sein des populations, au moyen des puces GPS que contiennent tous les smartphones d’aujourd’hui. Ce système de géolocalisation peu coûteux et simple d’utilisation a fait son apparition aux États-Unis à partir de 1973 à des fins militaires. En 1995, celui-ci est devenu global et pleinement opérationnel avec son système à 24 satellites.

Seulement voilà, l’armée des États-Unis songe à s’en débarrasser, comme l’explique Popular Mechanics dans un article du 25 avril 2021. Malgré ses très nombreuses qualités, le GPS est pourtant assez facile à pirater. Or, qui dit piratage dit aussi surveillance, brouillage et sabotage. Alors effectivement, un simple individu ne risque rien en effectuant une recherche sur Google Maps chez lui. En revanche pour l’armée, les risques sont bien plus importants. Une affaire en particulier en incarne le parfait exemple. En 2018, la Finlande et la Norvège ont accusé la Russie d’avoir perturbé un exercice de l’OTAN en brouillant le GPS des leurs armées.

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Crédits : Wikipédia

Un retour en arrière technologique

L’US Navy utilise des signaux GPS cryptés et sécurisés. Toutefois, le risque zéro n’existe pas et le département de la Défense pense à un moyen plus sûr. En réalité, la solution évoquée est synonyme de retour en arrière en matière de technologie. Effectivement, il est question d’utiliser le sextant, inventé dans la première moitié du XVIIIe siècle. Avant l’invention du GPS, cet instrument permettait aux marins de s’orienter en calculant la position des astres dans le ciel en fonction de l’heure et de la date. Cette technique donnait la possibilité de déterminer leur position à n’importe quel endroit sur Terre.

L’objectif du Pentagone est de créer des sextants modernes permettant d’analyser ce genre d’information de manière automatique. Au final, il s’agirait d’obtenir une précision égale à celle du GPS. Par ailleurs, ces sextants modernes utiliseraient des signaux infrarouges plutôt que la lumière naturelle. Ceci donnerait alors les moyens de détecter la position des astres même durant la journée.

De premiers résultats prometteurs

Toutefois, ce genre d’appareil pourrait connaître quelques difficultés. En effet, le calcul de la distance angulaire entre deux points nécessite un alignement précis. Or, ceci représente un obstacle pour les instruments infrarouges du fait des fortes réflexions apparaissant à l’horizon. Néanmoins, ce problème pourrait être résolu en se basant sur des satellites artificiels plutôt que sur les astres naturels et ainsi, se passer de la ligne d’horizon.

Les sextants modernes pourraient alors prendre la forme de simples capteurs embarqués sur des navires de différentes tailles, mais également pas des soldats. Pour l’instant, les premiers résultats du développement de ce type d’appareil témoignent d’une précision d’environ 20 m en plusieurs dizaines de secondes. Si cette précision est meilleure que celle des premiers GPS, elle reste encore insuffisante selon les chercheurs.