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L’urine humaine pourrait fertiliser les plantes sur Mars

Crédits : Université de Wageningen

Des chercheurs expérimentent la culture de haricots verts dans des sols martiens et lunaires simulés enrichis à la struvite, un composé retrouvé dans l’urine humaine. Et ça marche.

Certaines agences et sociétés – comme la NASA ou SpaceX – ambitionnent d’aller sur Mars et d’y rester. En cas de succès, les réserves permettront de nourrir les premiers colons dans un premier temps. Mais à une distance aussi lointaine (76 millions de kilomètres en moyenne), les missions de ravitaillement ne seront pas une option viable. Ces dernières prendront trop de temps et coûteront trop cher.

Si nous voulons nous établir durablement sur Mars, nous allons donc devoir cultiver notre nourriture directement sur place.

Dans cet esprit, depuis 2016, des chercheurs de l’Université de Wageningen (Pays-Bas) étudient la culture de plantes vivrières dans des simulations de sol lunaire et martien. En testant différentes approches, ils se sont vite aperçus que les cultures s’en sortaient mieux lorsqu’un engrais à base d’herbe fraîchement coupée était ajouté dans les pots.

Mais comme vous le savez déjà, Mars n’est pas vraiment connue pour ses grandes pelouses. Et cultiver de l’herbe sur place consommerait beaucoup trop d’eau et d’espace. Sur la planète rouge, toutes les ressources étant précieuses, il a donc fallu explorer une autre approche.

L’urine humaine comme engrais

Récemment, les chercheurs se sont tournés vers la struvite. Ce minéral de la famille des phosphates hydratés est obtenu à partir de l’urine humaine dans les installations de traitement des eaux usées.

Sur le papier, l’idée semblait très intéressante. Depuis 2009, les astronautes à bord de l’ISS boivent en effet de l’eau issue de leur urine recyclée. Sur Mars, on imagine qu’une partie de l’eau potable sera donc obtenue par le même processus, mais cette urine pourrait également servir d’autres manoeuvres.

Pour cette expérience, les chercheurs ont rempli 60 pots avec 750 grammes de terre lunaire ou martienne artificielle et 250 ml d’eau. Ils ont également rempli des pots avec 250 grammes de terreau habituel (et toujours 250 ml d’eau), faisant office d’échantillons témoins. Dans la moitié des contenants, les chercheurs ont ajouté 15 grammes de struvite obtenue à partir d’installations de purification des eaux usées d’Amsterdam.

Dans chaque pot, trois haricots ont été plantés. En cas de germination, les plus petits plants étaient arrachés pour ne laisser que les plus grands. Ces derniers ont été arrosés régulièrement et maintenus à une température de 20 degrés pendant la journée et de 18 degrés la nuit.

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Crédits : Université de Wageningen

Près d’un kilo de haricots récoltés

Au bout de quelques semaines, il est ressorti que tous les plants enrichis avec de la struvite ont enregistré la plus grande croissance. Parmi eux, les pots remplis de terreau et de terre lunaire ont montré les meilleurs résultats. Les plantes martiennes avec struvite ont de leur côté commencé à germer plus rapidement, mais ont montré au final un léger retard dans leur croissance. Néanmoins, elles avaient davantage poussé que les plants sans struvite.

Après deux mois, les chercheurs ont finalement récolté près d’un kilo de haricots qui avaient poussés dans les sols terrestres et lunaires contenant de la struvite. La récolte du sol martien a été faite une semaine plus tard.

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Crédits : Université de Wageningen

Ce n’est pas encore assez pour espérer nourrir les astronautes sur Mars, certes, mais nous avons au moins la preuve que la technique fonctionne. Les chercheurs ambitionnent maintenant de poursuivre leurs recherches en utilisant des fèces humaines comme engrais.

On rappelle également qu’il y a quelques mois, des expériences menées à la NASA ont montré que le cresson, la roquette, la tomate, le radis, le seigle, le quinoa, la ciboulette, les pois et les poireaux pouvaient éventuellement pousser dans ces terres martiennes simulées. En revanche, il semblerait que les futurs colons devront se passer d’épinards.

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