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Et si la Lune n’avait jamais existé ?

Crédits : Pixabay/Comfreak

Il y a environ 4,5 milliards d’années, un corps de la taille de Mars percutait la Terre, lui arrachant un bras et une jambe, bref, près de 8 milliards de km cubiques de matière provenant de la croûte et du manteau terrestres. Les matériaux d’éjection formèrent alors un anneau autour de la Terre puis se fusionnèrent en quelques millions d’années pour former la Lune. Telle est la théorie généralement acceptée. Mais concrètement, quelle a été son influence sur la Terre ?

Tout d’abord, la stabilisation de l’axe de rotation terrestre. Nous savons que, sans la Lune comme catalyseur, l’axe de rotation de la Terre serait chamboulé ; les pôles se promèneraient ainsi sur la surface du globe, modifiant irrémédiablement le fragile équilibre de la biosphère. L’inclinaison peut changer avec le temps. Rien de grave, toutes les planètes le font. Le plus compliqué, c’est quand ce changement devient brutal. Que se passerait-il si l’Antarctique pointait vers le soleil 24 heures par jour, plongeant l’ Amérique du Nord et l’Europe dans l’ obscurité permanente ? Et si tout se renversait soudainement ? Couplé à la Lune, l’axe de rotation de la Terre se retrouve alors stabilisé comme une toupie peut l’être avec un gyroscope. Nous prenons la régularité à long terme de nos saisons pour acquis, et nous devrions remercier la Lune pour cela.

Et les marées ?

Sans la Lune, auriez-vous été capable de pêcher la coque, plongeant votre main dans la vase au moindre signe de présence ? Non. Plus sérieusement, notre cher satellite, en provoquant de hautes marées sur Terre, a ralenti la rotation terrestre par le mécanisme de la friction des marées. Sans la Lune pour stabiliser sa rotation, la Terre aurait une période de rotation beaucoup plus rapide, de l’ordre de 15 heures/jour. En ralentissant la période de rotation terrestre, les forces de Coriolis sont moins grandes à l’équateur et empêchent la formation de vents à haute vitesse, de l’ordre d’environ 350 km/heure, qui balaierait la biosphère. Sans la Lune, les tempêtes seraient à la fois plus nombreuses et plus destructrices. Au revoir les coques, donc.

Grâce à la Lune, des habitats marins côtiers et des régions marécageuses ont pu voir le jour, permettant à la vie de naître et de se développer. Oui, comme les coques.

Présenté par Hubert Reeves et Jean-Pierre Luminet, DU BIG BANG AU VIVANT est un projet TV-Web-cinéma qui couvre les plus récentes découvertes dans le domaine de la cosmologie.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.