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La mission de cette entreprise : transformer la poussière de Lune en oxygène

Crédits : ESA

L’Agence spatiale européenne (ESA) vient d’attribuer un contrat à l’entreprise britannique Metalysis dans le but de développer une technologie capable d’extraire de l’oxygène directement à partir de la poussière de Lune (régolithe).

Vous le savez probablement, les États-Unis prévoient de renvoyer des astronautes sur la Lune dès 2024 dans le cadre de leur programme Artemis. À la différence du programme Apollo en revanche, la NASA compte cette fois s’inscrire durablement sur notre satellite, en collaboration avec d’autres agence opérantes, comme l’ESA. Dans cet esprit, une mini-station sera construire en orbite lunaire, à partir de laquelle les astronautes pourront se rendre à la surface.

D’ici quelques années, il sera également question d’y établir une base permanente. Dans un premier temps, les différentes agences pourront acheminer tout ce dont elles ont besoin depuis la Terre. Néanmoins, à terme, les coûts de transports seront beaucoup trop importants. Aussi, les explorateurs vont devoir puiser un maximum de ressources essentielles directement sur place.

La recherche d’eau notamment, est au cœur de ce projet d’établissement humain sur la Lune. Dans cet esprit, la NASA vient d’attribuer un contrat à la société Intuitive Machines pour penser et construire un extracteur de glace chargé d’opérer au pôle sud de la Lune. Toutefois, l’eau ne sera pas la seule “denrée” essentielle une fois sur place.

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Conception d’artiste de la future passerelle en orbite autour de la Lune. Crédits : NASA

Extraire de l’eau et des métaux

Plus récemment, l’Agence spatiale européenne (ESA) a signé un contrat avec la société britannique Metalysis. Son objectif sera transformer les roches lunaires pour en extraire de l’oxygène et du métal. En effet, nous savons par l’analyse des roches ramenées sur Terre dans le cadre des missions Apollo que l’oxygène représente environ 45% du poids du matériau, le reste étant en grande partie constitué de fer, d’aluminium et de silicium.

En cas de succès, l’oxygène pourrait être combiné avec d’autres gaz pour produire de l’air respirable, ou être utilisé pour développer du carburant de fusée. La Lune se présenterait alors comme une sorte de “station-service” favorisant des voyages dans l’espace profond. De leur côté, les alliages métalliques pourraient être exploités pour fabriquer des “briques” de construction nécessaires à établir un “village” lunaire permanent.

Dans un travail publié cette année, des chercheurs de Metalysis et de l’Université de Glasgow avaient d’ailleurs prouvé qu’ils pouvaient extraire 96% de l’oxygène d’un sol lunaire simulé, laissant derrière eux des poudres d’alliages métalliques utiles.

Concrètement, le contrat de l’ESA financera Metalysis pendant neuf mois, dans le but de perfectionner ce processus électrochimique. L’entreprise tentera alors d’augmenter le rendement et la pureté de l’oxygène et des métaux extraits de la roche, tout en réduisant la quantité d’énergie consommée. Si la technologie se révèle prometteuse, la prochaine étape consistera à démontrer l’extraction d’oxygène directement sur la Lune.

Notez que l’ESA collabore également avec la NASA dans le cadre du développement de la capsule Orion, chargée de transporter les astronautes vers la Lune. Plus récemment, l’agence américaine a également octroyé un nouveau contrat aux européens dans le but de construire le principal module d’habitation de la mini-station en orbite lunaire. Il est aussi question de construire un module de ravitaillement.