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La Lune pourrait-elle être éjectée de son orbite comme dans « Moonfall » ?

Crédits : Lionsgate

Dans le film « Moonfall », sorti le 4 février dernier, une force éjecte la Lune de son orbite et la propulse sur une trajectoire de collision avec notre planète. En réalité, un objet naturel ou autre pourrait-il vraiment transformer notre satellite en un projectile capable de s’écraser sur la Terre ?

Dans l’industrie du film, le nom de Roland Emmerich est souvent associé au modèle de « destruction massive ». Après Independence Day, Godzilla, Le Jour d’après ou encore 2012, le réalisateur, qui s’était fait un peu plus rare à Hollywood durant les années 2010 avant d’enchaîner plusieurs échecs, signe aujourd’hui son grand retour avec « Moonfall », un film dont le simple nom suffit à résumer son scénario (la Lune s’écrase sur terre). Se pose alors la question suivante : un tel impact pourrait-il vraiment survenir ?

Des impacts de plus en plus rares

La Lune est un corps solide entouré d’une très fine couche de gaz (exosphère). D’après la théorie largement acceptée, elle serait le fruit d’un impact massif entre la jeune Terre et une protoplanète plus petite nommée Theia survenu il y a 4,5 milliards d’années. De nos jours, la lune se place en moyenne à environ 385 000 kilomètres de la Terre, avec une masse estimée à 73 520 milliards de milliards de tonnes, soit 1/81 la masse de la Terre.

Ceci étant dit, la surface lunaire se caractérise par de nombreux cratères de différentes tailles. Toutefois, la plupart d’entre eux ont été creusés il y a des milliards d’années, alors que les débris traversant le jeune système solaire étaient beaucoup plus nombreux. Et la plupart se sont depuis longtemps dissipés. Autrement dit, le nombre d’impacts a considérablement diminué au fil du temps. Et de nos jours, les « attaques » se font rares. En outre, les collisions d’astéroïdes avec la Lune sont beaucoup moins probables que les collisions avec la Terre. En effet, notre planète est plus grande et plus massive. Elle est donc une cible privilégiée.

lune moonfall
Le concept de cet artiste montre un corps céleste de la taille de la lune de la Terre claquant à grande vitesse dans un corps de la taille de Mercure. Crédits : NASA/JPL-Caltech

Mission impossible

De leur côté, les objets géocroiseurs potentiellement dangereux pour le système Terre-Lune sont constamment suivis par le Center for Near Earth Object Studies (CNEOS), du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA. À ce jour, le CNEOS suit environ 28 000 objets s’approchant parfois à moins de 1,3 unité astronomique (194,5 millions de km) de la Terre. L’un d’eux est-il susceptible de toucher la Lune avec suffisamment de puissance pour la faire dévier de son orbite ?

Rappelons que pour qu’un objet géocroiseur soit considéré comme une menace pour la Terre, ce dernier doit mesurer au moins 140 mètres de diamètre. Et pour qu’un impact d’astéroïde affecte l’orbite de la lune, celui-ci devrait être au moins aussi gros… que la Lune elle-même.

Heureusement pour nous, aucun des astéroïdes connus du Système solaire n’atteint la taille requise pour ce travail. Le plus gros astéroïde connu est environ soixante-dix fois moins massif que la Lune. Vous le retrouverez dans la ceinture principale d’astéroïdes, entre Mars et Jupiter, à environ 180 millions de kilomètres.

Ainsi, la prochaine fois que vous observerez la Lune dans le ciel nocturne, vous pourrez vous réconforter en pensant qu’elle n’ira nulle part de si tôt.