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L’un des oiseaux les plus rares au monde de nouveau observé

Un front de soies de Stresemann. Crédits : Ciro Albano / ABC

La dernière observation  de mérulaxes de Stresemann dans la nature remontait à 1995. L’un des oiseaux les plus menacés de la planète se fait rare, au point que l’on pensait l’espèce disparue. Bonne nouvelle : un mâle a récemment été aperçu au Brésil.

Il ne resterait qu’une quinzaine d’individus, tous évoluant dans la réserve de 600 hectares de Mata do Passarinho, gérée par la Fundação Biodiversitas dans l’État de Bahia au Brésil. Compliqué en revanche de tabler sur un effectif précis tant les observations sont rares. L’espèce fut une première fois observée dans les années 1830, une seconde fois au milieu du XXe siècle puis elle disparut encore pendant encore 50 ans avant une troisième observation en 1995. Les efforts de conservation semblent encore porter leurs fruits. En témoigne ce petit mâle, observé les 12 et 14 décembre dernier.

« C’est la découverte d’une vie »

« Bien que nous soyons soulagés que le Mérulaxe de Stresemann continue de survivre, l’avenir de l’espèce reste précaire, note en revanche Amy Upgren, de l’American Bird Conservancy (ABC). Il reste encore beaucoup à faire pour localiser d’autres individus et protéger d’autres habitats ». Alexandre Enout, le directeur de la réserve, se montre lui plus enthousiaste. « C’est la découverte d’une vie rendue d’autant plus gratifiante par le fait que non seulement nous avons trouvé un oiseau adulte vivant, mais nous avons également trouvé des preuves solides de plusieurs poussins », a-t-il déclaré.

Dimas Pioli et Gustavo Malacco, deux biologistes passionnés d’oiseaux, avaient été autorisés il y a quelques jours à venir dans la réserve dans l’espoir de pouvoir observer l’espèce. Le mérulaxe de Stresemann nichant au sol, les chercheurs ont alors concentré leurs yeux à hauteur de ceinture. Ils seraient alors tombés sur un trou de la taille d’une balle de tennis à environ un mètre de la surface du sol. C’était bien un nid. Ils ont alors observé un mâle à deux reprises apportant de la nourriture au fond du trou, y compris une petite grenouille et un ver de terre. En se rapprochant pour sonder l’intérieur du nid, ils n’ont observé aucun autre oiseau… Mais le comportement du mâle laisse à penser qu’il pourrait y avoir au moins un poussin à l’intérieur.

Merulaxis stresemanni
Merulaxis stresemanni. Crédits : American Bird Conservancy

Plus question de s’approcher du nid

Il sera néanmoins compliqué d’en savoir davantage. « Personne ne s’approche du nid à présent, rassure David A. Wiedenfeld, spécialiste des sciences de la conservation à l’American Bird Conservancy. Personne ne veut déranger le nid d’une espèce aussi rare !».

Son habitat de forêt tropicale étant en déclin (déforestation, incendies), tous les efforts se concentrent aujourd’hui sur la réserve de Mata do Passarinho, une superficie d’environ 952 hectares réservée à la conservation des espèces. Mais l’American Bird Conservancy ne compte pas s’arrêter là, et espère un jour avoir les fonds nécessaires pour acheter davantage de forêts restantes autour de la réserve, qui abritent également au moins deux autres espèces rares, la cotinga (Cotinga maculata), et le singe capucin à poitrine jaune (Xanthosternos de Cebus).

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