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L’Ukraine désire inscrire la zone de Tchernobyl au patrimoine mondial de l’UNESCO

Crédits : Pixabay / Amort1939

Depuis des années, des curieux visitent la zone de Tchernobyl, théâtre de la catastrophe nucléaire de 1986. Aujourd’hui, l’Ukraine veut faire inscrire ce lieu au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’objectif ? Mieux conserver les lieux et favoriser un tourisme mieux encadré.

Un lieu déjà assez touristique

La zone d’exclusion de Tchernobyl couvre une superficie de 2 600 km² – autant que le Luxembourg – dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale. Il s’agit là de l’une des zones les plus contaminées par la radioactivité dans le monde. Si le lieu suscite évidemment un fort intérêt de la part de nombreux scientifiques, le tourisme s’y est également développé. Chaque année, des dizaines de milliers de personnes se rendent jusqu’en Ukraine pour visiter ces lieux, notamment la ville de Prypiat, située à 3 km de la centrale.

Comme l’affirme un article publié par Euronews le 13 décembre 2020, l’Ukraine pense que la zone de Tchernobyl peut rejoindre le patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO). Selon un des guides professionnels Maksym Polivko travaillant sur place, Tchernobyl est « une attraction célèbre à travers le monde ». En revanche, l’intéressé déplore le fait que le lieu n’a toujours aucun statut officiel.

À l’origine de ce projet, nous retrouvons Oleksandre Tkatchenko, nouveau premier ministre de la Culture ukrainien. L’homme politique estime que la zone de Tchernobyl est un des territoires les plus emblématiques de son pays, un lieu que l’on devrait préserver pour l’humanité. Si cette proposition est acceptée, la zone de la centrale rejoindrait alors des sites prestigieux tels que le Taj Mahal (Inde), le Mont-Saint-Michel (France) ou encore Stonehenge (Royaume-Uni).

Pourquoi Tchernobyl au patrimoine de l’UNESCO ?

En 2019 avant le coup d’arrêt en lien avec la pandémie de Covid-19, Tchernobyl avait accueilli le nombre record de 124 000 touristes. En 2018, ils étaient « seulement » 72 000. Il faut dire que la mini-série Chernobyl de la chaîne étasunienne HBO a généré une nouvelle vague de curieux. Selon Oleksandre Tkatchenko, le site pourrait même accueillir un million de visiteurs. Au passage, rappelons qu’inscrire Tchernobyl au patrimoine de l’UNESCO ouvrirait la porte au développement d’infrastructures touristiques.

Les intérêts sont nombreux dans la zone, à commencer par la ville de Prypiat, vestige de l’Union soviétique. Ses allures de ville fantôme figée dans le temps offrent un spectacle incomparable. L’Ukraine désire aussi faire de Tchernobyl un lieu de mémoire, considérant que la catastrophe nucléaire de 1986 est une des raisons de la chute de l’Union soviétique. Par ailleurs, la Nature a fortement repris ses droits dans toute la zone, contribuant également à intéresser de nombreux visiteurs.

Prypiat
Crédits : Wikimedia Commons

Actuellement, le pays prépare un dossier à soumettre à l’UNESCO d’ici la fin mars 2021. Ensuite, un groupe d’experts de l’organisation devrait visiter les lieux avant de statuer sur la décision finale, au plus tôt en 2023.