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À l’origine de l’épidémie d’Ebola de 2014, un garçon de 2 ans

Crédits : iStock

Des épidémiologistes suisses et allemands sont parvenus à retracer le chemin du virus Ebola depuis le début de l’épidémie de 2014. Elle semble avoir pris son origine dans un petit village dans la forêt tropicale guinéenne, Meliandou.

D’après les enquêteurs, le premier malade serait un garçon de deux ans, Emile Ouamouno. Il a été exposé à des déjections chauve-souris, qui sont un réservoir naturel du virus. Les enfants du village avaient pour habitude de jouer dans un arbre creux, dans lequel vivait une colonie de chauves-souris. Émile est mort d’Ebola en décembre 2013.

Les chauves-souris à l’origine de la contamination appartiennent à l’espèce Mops condylurus. C’est un mammifère insectivore, d’une trentaine de centimètres d’envergure. La colonie qui vivait à Meliandou a été détruite par les villageois en mars 2014. Ils en ont profité pour récupérer les animaux en vue de les manger, mais ont dû s’en débarrasser le lendemain, suite à une interdiction gouvernementale de la viande de brousse. Pour les scientifiques, l’origine de l’épidémie de 2014 n’est toutefois pas la viande de brousse, mais bel et bien l’exposition d’Emile Ouamouno à des déjections.

Les chercheurs ont visité le village en avril. Ils ont capturé des centaines de chauves-souris, mais n’ont trouvé Ebola chez aucune d’entre elles, ce qui est un résultat attendu. « Si plus de chauves-souris portaient le virus, il y aurait des épidémies tout le temps » d’après Fabian Leendertz, un des scientifiques de l’expédition. Dans le village, les chauves-souris sont omniprésentes. Elles s’installent sous les toits, et dans les arbres tout autour des habitations.

Tuer toutes les chauves-souris n’est toutefois pas une solution viable. Ces petits mammifères peuvent avaler un quart de leur poids en insectes en une seule nuit, et jouent donc un rôle clé dans la régulation des populations de moustiques. Or, le paludisme est aussi un énorme problème de santé publique dans la région, et détruire les insectivores ne peut que l’empirer.

Source : EMBO Molecular Medecine