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L’orientation sexuelle pourrait avoir une origine biologique

Crédits : iStock

Une meilleure compréhension de ce que l’on nomme « l’effet grand frère » a permis de comprendre qu’il existait un lien entre facteurs prénataux et l’orientation sexuelle, selon une nouvelle étude canadienne.

La détermination des facteurs biologiques dans l’orientation sexuelle occupe les chercheurs depuis  maintenant plusieurs décennies, et une des notions phares de ce champ de recherche est « l’effet grand frère ». Cette notion est relative au fait que l’homosexualité est davantage présente chez les hommes ayant des frères plus âgés, un phénomène dont la raison était encore inconnue jusqu’à aujourd’hui.

Seulement, une équipe de chercheurs de l’Université Brock (Canada) estime que les femmes engendrant des garçons produisent progressivement des anticorps impactant les garçons suivants, selon un communiqué du 11 décembre 2017 relatant l’étude. Les scientifiques expliquent que ces anticorps, qui apparaissant en réaction aux protéines situées dans le cerveau des garçons, peuvent altérer le développement du cerveau au point d’influencer l’orientation sexuelle.

« Il semble qu’avant ou juste après la naissance d’un garçon, l’organisme de certaines mères commence à détecter cette substance étrangère (la protéine NLGN4Y) et une réponse immunitaire se déclenche. Plus tard, si elles conçoivent d’autres garçons, les niveaux élevés d’anticorps qui combattent cette substance pourraient influer sur le développement du cerveau »
explique Tony Bogaert, principal meneur de l’étude.

Il est sûrement un peu tôt pour affirmer que cette étude est valable, car celle-ci n’a pas encore été reproduite et confirmée par d’autres chercheurs. Mais cette dernière suggère tout de même que l’orientation sexuelle pourrait avoir une origine biologique, une théorie pas nouvelle et largement contestée par les personnes pensant que l’homosexualité est un simple choix ou une sorte de maladie mentale.

» Les implications de cette étude, surtout quand elle sera reproduite par une équipe indépendante, sont profondes. En plus d’aider à mieux comprendre l’origine exacte de l’effet grand frère, elle contribue à étayer l’idée qu’au moins chez les hommes, il y a une forte corrélation entre l’orientation sexuelle et la biologie » poursuit Tony Bogaert.

Selon les chercheurs, cette étude est le résultat de deux décennies d’approfondissement de la notion d’effet grand-frère. Elle alimente davantage ce que la science soupçonnait depuis déjà un certain temps, à savoir que l’homosexualité serait une prédisposition innée plutôt qu’un choix qui peut être corrigé, une thèse défendue par les groupes anti-homosexuels. Enfin, s’il est un jour confirmé que l’homosexualité puisse avoir une origine biologique, il n’y a jamais réellement qu’un seul facteur selon les scientifiques.

Sources : VICE NewsPopular Science