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L’ONU retire le cannabis de la liste des drogues les plus dangereuses

Crédits : Pexels / Michael Fischer

Une commission de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a récemment voté le retrait du cannabis à usage médical de la liste des plus dangereux stupéfiants. Les acteurs de l’industrie du cannabis thérapeutique espèrent que cette décision va permettre de faire grandement avancer les recherches portant sur l’usage médical de cette plante.

La question du cannabis divise

Jusqu’à il y a peu, le cannabis faisait encore partie du quatrième tableau de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961. Ce tableau contient la liste des drogues les plus dangereuses. Or, nous y retrouvons également des substances telles que l’héroïne, dont la dangerosité n’est un secret pour personne. Comme l’explique The New York Times dans un article du 2 décembre 2020, une commission de l’ONU vient de voter le retrait du cannabis et ses dérivés du dit tableau. Parmi les 53 États-membres de cette commission, deux “camps” ont pu être observés : d’un côté, les pays favorables avec notamment les États-Unis, et les pays européens et de l’autre, des nations défavorables telles que la Russie, la Chine, l’Égypte, le Nigeria ou encore le Pakistan.

Selon les experts à l’origine de cette proposition, cette dernière n’aura pas forcément d’effets immédiats allant vers un relâchement des contrôles dans le monde. En effet, il s’agit d’une simple recommandation, si bien que chaque gouvernement restera libre de mener sa propre politique de classification des drogues. Toutefois, rappelons tout de même que de nombreux pays suivent généralement les recommandations de l’ONU.

cannabis stankx / Pixabay
© stankx / Pixabay

Le New York Times a notamment donné la parole à Michael Krawitz, directeur exécutif de l’association Veterans for Medical Cannabis Access. Selon lui, ne pas accepter la recommandation de l’ONU revient à nier le droit des citoyens à accéder à des substances thérapeutiques capables de soulager les douleurs. Les acteurs de l’industrie du cannabis à usage médical espèrent quant à eux que cette décision boostera les recherches concernant cette substance.

La France n’a pas attendu l’ONU

En octobre 2019, l’Assemblée nationale française a adopté un amendement relatif à une expérimentation du cannabis à usage médical dans le pays pendant deux ans. Cette phase de test devait commencer cette année et se terminer en 2022. Ces tests viseront à soulager 3 000 volontaires, des patients subissant les effets secondaires de chimiothérapie, des douleurs neuropathiques ou encore certaines formes d’épilepsie. Les personnes en soins palliatifs auront également le droit d’accéder au programme. En cas de succès, cette pratique pourrait être possiblement généralisée.

Au cours de cette expérimentation, les modalités d’administration varieront. Les patients pourront en effet obtenir des fleurs séchées à fumer, de l’huile et/ou éventuellement des préparations pour tisanes. La posologie se fera également en fonction des patients eux-mêmes et des deux principes actifs du cannabis, à savoir le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD). Or, si le premier engendre des effets psychoactifs plus ou moins puissants, le second entraîne plutôt une relaxation musculaire.