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Résistance aux antibiotiques : l’OMS tire la sonnette d’alarme

Crédits : geralt/pixabay

L’OMS tire une nouvelle sonnette d’alarme face au manque de nouveaux antibiotiques qui favorise la propagation des bactéries résistantes.

Développés au départ dans les années 1920, les antibiotiques ont constitué la pierre angulaire de la médecine moderne. Cela a en effet permis de sauver de nombreuses vies en luttant efficacement contre des maladies bactériologiques. Cependant, la nature s’adapte constamment. Au fil du temps, à force d’utiliser ce type de traitements, les bactéries ont alors évolué pour développer une résistance.

En conséquence, les moyens de lutte ne sont plus efficaces, laissant le champ libre aux maladies. Selon certaines estimations, les bactéries résistantes pourraient tuer jusqu’à dix millions de personnes d’ici 2050 si rien n’est mis en place pour endiguer le problème.

Manque de nouveaux médicaments

La situation est très critique. En avril dernier, la clinicienne Sally Davis, la médecin la plus connue d’Angleterre, avait déjà évoqué la situation. Selon elle, la résistance aux antibiotiques est désormais une menace aussi grave que le réchauffement climatique pour l’humanité.

Elle déplore notamment le fait que les efforts déployés pour y faire face ne sont pas suffisants. “Il n’y a pas d’appétit [chez les sociétés pharmaceutiques] pour développer de nouveaux médicaments. Il y a une défaillance systémique“. Malheureusement, ce qui bénéficie le plus à la santé publique n’est pas forcément ce qui rapporte le plus.

L’OMS est également très préoccupée par le problème, en témoignent deux nouveaux rapports publiés il y a quelques jours. “Jamais la menace de la résistance aux antimicrobiens n’a été aussi immédiate et le besoin de solutions plus urgent“, a notamment déclaré le directeur de l’agence, Tedros Adhanom Ghebreyesus. “De nombreuses initiatives sont en cours pour réduire la résistance, mais nous avons aussi besoin que les pays et l’industrie pharmaceutique s’impliquent davantage et apportent des fonds durables et de nouveaux médicaments innovants“.

D’après l’OMS, une cinquantaine de nouveaux antibiotiques sont en train d’être développés. Néanmoins, aucun ne semble malheureusement pouvoir faire la différence comparé aux traitements actuellement proposés. Et “seulement deux d’entre eux ciblent les bactéries les plus résistantes“, peut-on lire. D’autres médicaments potentiellement novateurs sont encore à l’étape des essais précliniques, mais ces derniers ne pourront pas être disponibles sur le marché avant au moins dix ans.

antibiotiques
Crédits : stevepb/Pixabay

Réduire l’utilisation des antibiotiques

Des efforts supplémentaires vont devoir être mis en place pour développer de nouvelles approches défensives, mais il est également important de réduire considérablement notre consommation d’antibiotiques. Les secteurs agroalimentaires et de la pisciculture sont les plus préoccupants. À l’échelle mondiale, la majorité des antibiotiques sont en effet de loin utilisés pour les animaux.

En ce sens, un rapport publié en avril dernier par le Groupe de coordination interinstitutions des Nations Unies sur la résistance aux antimicrobiens (IACG) avait appelé à une interdiction totale de l’utilisation des antibiotiques comme facteurs de croissance chez les animaux d’élevage.

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