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L’oeil s’alimenterait de ses propres déchets !

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une pathologie affectant le système visuel et plus précisément la rétine où s’alignent des dizaines de milliers de neurones sensoriels, les photorécepteurs indispensables à la vue. D’après les chercheurs, cette maladie viendrait d’un dysfonctionnement physiologique dans le traitement des déchets sécrétés par l’œil. 

La nouvelle découverte opérée sur le système visuel donne de nouvelles explications sur l’origine de la dégénérescence maculaire liée à l’âge, une pathologie évolutive touchant principalement les individus de plus de cinquante ans. En effet, les scientifiques de l’Université de Washington de Seattle (États-Unis) viennent tout juste de publier les résultats d’une nouvelle étude parue dans le magazine Sciences : le lactate secrété par les réactions métaboliques assurant l’import énergétique propice au bon fonctionnement du système visuel est réutilisé par d’autres structures de l’œil.

L’œil s’alimenterait donc de ses propres déchets ! Pour remplir les fonctions physiologiques du système visuel, les photorécepteurs (cônes et bâtonnets) utilisent du glucose en provenance de l’épithélium pigmentaire rétinien (EPR). Les différentes réactions biochimiques encourues produisent du lactate, une molécule produite du glucose qui est renvoyée à d’autres parties de l’EPR.

Crédits : Wikimedia

Observer le phénomène ne fut pas évident pour les chercheurs américains. Ils durent recréer en laboratoire un EPR humain et en observer les précédés biochimiques. Ils observèrent que la première source d’énergie de l’EPR était en fait du lactate en provenance de mitochondries, des organites intracellulaires au rôle de centrale énergétique. James Hurley, en charge de l’étude, explique : « Cela permet au glucose de passer sans être consommé » !

En absence de lactate, les cellules sensorielles de l’EPR viendront consommer du glucose, lequel se transformera par la suite en lactate d’après les réactions biochimiques encourues. Ce déchet métabolique est ensuite réutilisé par l’EPR. Si ces procédés biochimiques ne sont pas établis, le lactate n’est pas produit et le glucose est intégralement consommé par les cellules de l’EPR qui se retrouvent rapidement à court d’énergie. Ces dernières dégénèrent, puis meurent, entraînant des troubles visuels tels que la DMLA.

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