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L’image exceptionnelle d’une tempête de poussière capturée juste au-dessus d’une comète

Image de la poussière et des particules auxquelles la mission Rosetta a été exposée alors qu'elle volait le long de la Comète 67P / Churyumov-Gerasimenko. Crédit: ESA / Rosetta / MPS pour l'équipe OSIRIS MPS / UPD / LAM / IAA / SSO / INTA / UPM / DASP / IDA

Il y a deux ans la sonde Rosetta, en plus de faire la lumière sur la composition cométaire et sur l’histoire de notre système, capturait une photo exceptionnelle révélant une tempête de poussière au-dessus de la surface de la comète 67P, à environ 79 kilomètres de distance.

En août 2014, la mission Rosetta de l’ESA marquait l’histoire en rencontrant la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Ce fut la première fois dans l’histoire qu’un atterrisseur était déployé à la surface d’une comète, car la sonde Philae était déployée en août de cette même année. Au cours de sa mission, Rosetta aura permis aux chercheurs d’étudier la comète sous toutes les coutures, révélant notamment des données sur sa composition et son halo gazeux. Plus récemment, l’ESA révélait une photo exceptionnelle capturée par la sonde postée au-dessus de sa cible : une tempête de grains de poussière expulsés de la comète à l’approche du Soleil. De plus, la sonde a également jeté œil sur le flot ininterrompu de grains de poussière qui ont été déversés à la surface de la comète. Et cela ressemblait beaucoup à une tempête de neige.

L’image ci-dessous a été prise il y a deux ans – le 21 janvier 2016 – lorsque Rosetta était à une distance de 79 km de la comète. À l’époque, la sonde se rapprochait de la comète qui s’éloignait du Soleil : le périhélie – le point de la trajectoire le plus proche du Soleil – avait eu lieu au mois d’août précédent. Aussi proche du Soleil et donc plus active, Rosetta avait été obligée de s’éloigner de la comète pour sa propre protection. C’est donc en revenant, une fois les hostilités calmées, que la sonde a pu capturer ce cliché.

Image de la poussière et des particules auxquelles la mission Rosetta a été exposée alors qu’elle volait le long de la Comète 67P / Churyumov-Gerasimenko. Crédit: ESA / Rosetta / MPS pour l’équipe OSIRIS MPS / UPD / LAM / IAA / SSO / INTA / UPM / DASP / IDA

Comme vous pouvez le voir sur l’image, l’environnement autour de la comète était encore extrêmement chaotique. Les stries blanches révèlent ici les grains de poussière voletant devant la caméra de Rosetta au cours d’une exposition de 146 secondes. Pour l’équipe scientifique qui dirigeait Rosetta, piloter le vaisseau spatial à travers ces tempêtes de poussière était comme essayer de conduire une voiture à travers une tempête de neige. En plus des possibles collisions, voler à travers ces nuages ​​était également dangereux pour le système de navigation de l’engin spatial. Comme beaucoup de vaisseaux spatiaux robotisés, Rosetta s’appuyait sur des trajectographies d’étoiles pour s’orienter – cela consiste à reconnaître des motifs dans le champ des étoiles pour s’orienter par rapport au Soleil et à la Terre. Le fait de voler au plus près de la comète aura donc perturbé le système de navigation.

Bien qu’elle représente un danger pour les panneaux solaires et le système de navigation de la sonde, cette poussière est également d’un grand intérêt scientifique. Pendant ces survols, trois instruments ont étudié des dizaines de milliers de grains, analysant leur composition, leur masse, leur dynamique et leur vitesse, et créant également des profils 3D de leur structure. En étudiant ces grains, les scientifiques ont également pu en apprendre davantage sur la composition globale des comètes.

Avant de s’écraser sur la surface de la comète le 30 septembre 2016, Rosetta fit par ailleurs des découvertes scientifiques uniques. Les chercheurs ont notamment cartographié les caractéristiques  trouvées à la surface, discernant sa forme générale, analysant la composition chimique de son noyau et coma. Toutes ces découvertes auront aidé les scientifiques à en apprendre davantage sur la formation et l’évolution de notre système solaire, et à faire la lumière sur la distribution de l’eau dans notre système au début de son histoire.

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