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LICIACube, le petit vaisseau chargé de filmer le crash de la mission DART

Crédits : Ron Miller

Fin novembre, la mission DART lancera un vaisseau chargé de percuter un astéroïde pour modifier son orbite. Le petit satellite LICIACube se séparera de son compagnon dix jours avant l’impact pour filmer les hostilités.

Une mission inédite

Les agences spatiales envisagent différents moyens de nous défendre contre de possibles menaces d’astéroïdes. L’une des options avancées propose de modifier la trajectoire des objets concernés. Mais cette option est-elle vraiment envisageable ? Pour le savoir, la NASA et l’Agence spatiale européenne (ESA) ont développé la mission DART (pour Double Asteroid Redirection Test). La mission sera lancée le 24 novembre prochain à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX.

La mission se focalisera sur une paire d’objets évoluant en tandem composée d’un astéroïde de 780 m de diamètre appelé Didymos autour duquel évolue une petite roche de 160 m de diamètre, nommée Didymoon. Le vaisseau DART, qui n’est autre qu’un impacteur, arrivera sur place à l’automne 2022 après plus de sept millions de kilomètres parcourus. Dès lors, il n’aura qu’un objectif : venir s’écraser sur cette petite lune.

D’après l’équipe de mission, le choc devrait pouvoir accélérer l’orbite de la lune de quelques dizaines de secondes. Les chercheurs observeront ce changement de trajectoire du corps frappé autour de l’autre en mesurant son degré de réflectance, tandis qu’un émissaire se chargera d’immortaliser l’événement, directement sur place. En effet, la mission DART transportera également un CubSat nommé LICIACube, développé par l’agence spatiale italienne. Ce dernier se séparera du vaisseau principal une dizaine de jours avant l’impact pour capturer des données, ainsi que des images de sa disparition, avant de les envoyer vers la Terre au centre de contrôle de mission à Turin, en Italie.

LICIACube DART
DART s’écrasera sur Dimorphos, changeant son orbite autour du plus gros astéroïde Didymos. LICIACube se séparera du vaisseau principal une dizaine de jours avant l’impact. Crédits : NASA/Johns Hopkins APL

LUKE et LEIA aux images

LICIACube n’est pas aussi grand que son compagnon suicidaire. Si ce dernier aura à peu près la taille d’un autobus scolaire, le petit CubStar ne sera pas beaucoup plus gros qu’un sac à main.

Pour opérer, LICIACube devra se tenir à bonne distance : pas trop près pour réduire le risque d’impact avec des matériaux éjectés, mais suffisamment proche pour obtenir de bonnes images.

Concernant les images, LICIACube sera armée de deux caméras optiques nommées LUKE et LEIA (en hommage à Star Wars). LEIA de est un imageur haute résolution capable d’observer les détails du panache d’impact et de la surface de l’astéroïde en noir et blanc, tandis que LUKE propose un champ de vision plus large lui permettant de suivre l’ensemble du panache durant toute la durée de son passage. Il est également équipé de filtres de couleur rouge-vert-bleu qui pourront aider les scientifiques à en savoir plus sur les propriétés physiques de la lune.

LICIACube DART
LICIACube après son arrivée au Johns Hopkins Applied Physics Laboratory (APL) dans le Maryland en août 2021. Crédits : NASA/Johns Hopkins APL/Ed Whitman

À noter que le vaisseau DART possède également sa propre caméra, appelée DRACO, sur laquelle il s’appuiera pour se guider environ quatre heures avant l’impact. Une fois que le vaisseau spatial frappera, DRACO sera détruit, mais les données recueillies avant le crash seront envoyées vers la Terre en quasi temps réel (comptez environ 38 secondes d’attente avec la distance).

LICIACube stockera quant à lui ses données et continuera à transmettre des images à la Terre au cours des semaines suivant le crash. En théorie, il devrait s’éteindre après environ six mois.