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L’humidité de l’air joue-t-elle un rôle dans la propagation du Covid-19 ?

Crédits : Pixabay / rkit

Jean-François Berthoumieu, président de l’Association Climatologique de la Moyenne Garonne (ACMG) dirige un groupe de recherche. Il s’intéresse aujourd’hui au possible lien entre l’humidité de l’air et la propagation du Covid-19. Les conclusions de ces recherches pourraient permettre de prendre de meilleures décisions à l’avenir en cas de nouveau confinement.

L’eau pourrait faciliter la propagation

Chaque jour apporte son lot de découvertes sur le nouveau coronavirus. Et si l’humidité de l’air avait un lien avec la propagation de l’épidémie de Covid-19 ? C’est actuellement la question que se pose le groupe de recherches européen ClimAlert, dirigé par Jean-François Berthoumieu, président de l’Association Climatologique de la Moyenne Garonne (ACMG). Il s’intéresse habituellement aux questions liées au climat.

Interrogé par La Dépêche dans un article du 20 avril 2020, le climatologue rappelle avoir été touché, lui et sa famille par le Covid-19. Or, le médecin traitant de Jean-François Berthoumieu lui avait fait une remarque l’ayant interpellé. Le praticien lui a en effet demandé d’éliminer les points d’eau pouvant faciliter la propagation du virus. Suite à cette remarque du médecin, Jean-François Berthoumieu a décidé d’axer la prochaine réunion du projet ClimAlert sur le possible lien entre l’humidité de l’air et la propagation du virus.

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Crédits : Pikrepo

Un premier pas, mais aucune certitude

Le climatologue indique que des chercheurs  basés à Murcie (Espagne) associés au projet ont déjà fait un premier pas. Ils disposent en effet d’une plateforme permettant de cartographier l’aridité des sols. Ils ont donc commencé à comparer leurs cartes avec celles du nombre de personnes infectées par le Covid-19. Rien n’est encore certain, mais il serait possible de corréler les zones les plus touchées par le virus à une hygrométrie (taux d’humidité de l’air) supérieure à 50 %.

Jean-François Berthoumieu rappelle également que les gouttelettes que nous projetons disparaissent plus rapidement dans un air sec. Ainsi, ces recherches pourraient permettre d’adapter les restrictions liées à la circulation des personnes. Autrement dit, le taux d’humidité pourrait indiquer s’il faut sortir de chez soi ou non.

Ce type de question nous ramène une décennie en arrière, lorsque l’épidémie de grippe aviaire (H1N1) a frappé la France en 2009. À l’époque, le climatologue avait déjà été interpellé par un chercheur. Ce dernier avait remarqué que les palmipèdes (oies, canards, etc.) buvant de l’eau de source ou de l’eau distribuée par les collectivités étaient moins touchés que ceux s’abreuvant dans des lacs et autres rivières. À cette époque, aucune réponse définitive n’était apparue puisque l’épidémie a été courte. Ainsi, ce possible lien entre l’eau et le virus fait toujours l’objet d’une incertitude.