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L’humanité est-elle condamnée à devenir de moins en moins intelligente ?

Crédits : Pixabay / PublicDomainPictures

L’humanité est-elle condamnée à devenir de moins en moins intelligente ? C’est en tout cas ce qu’affirme une étude récente publiée par la firme islandaise deCODE qui suggère que le niveau d’instruction est affecté par des variantes génétiques

Notre espèce serait-elle dans une spirale descendante ? Les gènes qui prédisposent les gens à faire de longues études se sont raréfiés au cours des 80 dernières années. C’est en tout ce qu’affirme une équipe de chercheurs après avoir consulté une base de données rassemblant les caractéristiques génétiques de 129 808 Islandais nés entre 1910 et 1990. Les chercheurs suggèrent aujourd’hui une « sélection naturelle négative » qui pourrait avoir un impact important sur notre espèce dans les siècles à venir.

« Le nombre de personnes disposées aux études pourrait significativement diminuer à travers le monde », déclare Kari Stefansson, chef de la direction de la firme islandaise deCODE et auteur de cette étude qui pointe du doigt un problème lié à la fertilité. « Ce n’est pas que l’éducation ou les opportunités de carrière vous empêchent d’avoir plus d’enfants. Si vous êtes génétiquement prédisposés à recevoir une vaste éducation, vous êtes également prédisposés à avoir moins d’enfants ».

Ainsi, les scientifiques se sont rendu compte que les personnes susceptibles de faire de longues études avaient tendance à avoir moins d’enfants et donc à ne pas transmettre autant leurs gènes. Pour être clair, cela ne signifie pas nécessairement que les humains deviennent de plus en plus bêtes, mais simplement que les gens plus éduqués ont moins d’enfants. L’impact serait infime sur le court terme (les chercheurs suggèrent une baisse moyenne du QI de 0,04 point par décennie), mais en se projetant plusieurs siècles dans le futur — bien au-delà de la prolifération des écoles et des accès à la formation — les chercheurs estiment que cela pourrait avoir un effet significatif sur notre espèce sur le long terme.

« Dans le temps de l’évolution, c’est un clin d’œil », précise Kari Stefansson. « Toutefois, si cette tendance persiste au fil des siècles, l’impact pourrait être beaucoup plus profond. Avec le temps l’effet cumulatif aura un immense impact sur la prédisposition à l’éducation et si une solution faisait son apparition, cela pourrait avoir une influence considérable sur le niveau d’éducation dans notre société », poursuit le chercheur qui relativise néanmoins : « Il existe toutes sortes de facteurs environnementaux qui peuvent contrer ce déclin de l’intelligence ». Les évolutions socio-économiques et technologiques pourraient en effet compenser le phénomène évoqué précédemment.

« Seul le temps nous le dira. Si nous continuons à améliorer la disponibilité et la qualité des possibilités d’éducation, nous allons probablement continuer à améliorer le niveau d’éducation de la société dans son ensemble. L’avenir nous dira si la baisse de la propension génétique pour l’éducation aura un impact notable sur la société humaine ».

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