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« L’homme aux trois visages » se porte aujourd’hui très bien

Capture vidéo : France 2 TV

À l’hôpital européen Georges-Pompidou, un homme de 43 ans a subi en janvier dernier une deuxième transplantation du visage. Une première mondiale, et un véritable succès.

« J’ai un nouveau visage, certes, mais c’est mon visage ! », s’enthousiasme Jérôme Hamon, interrogé par Le Parisien. L’homme souffrait depuis l’enfance d’une neurofibromatose, la deuxième maladie génétique en France après la mucoviscidose. Son visage se déformait alors. En 2010, « la greffe paraît inévitable », peut-on lire. Une prouesse est alors réalisée par le professeur Lantieri à l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne). Tout se passait alors très bien par la suite, jusqu’au jour où un nouveau problème est survenu.

En 2015, un médecin lui prescrit en effet des antibiotiques contre le rhume, alors incompatibles avec son traitement pour la greffe. Son visage s’atrophie à nouveau : il n’avait plus d’oreilles, plus de paupières, pas de peau, pouvait à peine entendre et ne pouvait pas parler ou manger. Il subit alors une seconde greffe en 2017, du jamais vu.

Le risque d’un nouveau rejet était majeur. L’homme a alors suivi un traitement pour éliminer les anticorps développés contre son greffon. Son sang a été nettoyé et une chimiothérapie a mis au repos son système immunitaire. Grâce à un nouveau donneur d’organes compatible, une nouvelle opération a eu lieu le 17 janvier dernier par le même professeur Lantieri.

Notons que le donneur étant décédé loin de Paris, les médecins ont eu recours à l’usage d’un produit conservateur de greffon, l’Hemolife. « Il s’agit de l’hémoglobine d’un ver marin capable de transporter 40 fois plus d’oxygène que notre hémoglobine humaine », explique le biologiste Frank Zal. Ce produit est « quasi magique pour pouvoir garder un greffon en bon état. En l’occurrence, sitôt les vaisseaux sanguins raboutés, le greffon a repris des couleurs », note le Professeur Lantieri.

L’opération fut un succès, à nouveau. Depuis, les médias le surnomment « l’homme aux trois visages ».

La semaine dernière, il quittait l’hôpital pour la première fois depuis l’opération, le temps d’un week-end. « C’était une délivrance, j’étais heureux même si ça a été un moment extrêmement fatigant », explique-t-il au Parisien. Pour le patient, cette nouvelle transplantation est une renaissance. « Je me sens très bien », déclare-t-il. « Lors de la première greffe, j’ai accepté immédiatement le greffon. J’ai considéré que c’était un nouveau visage et maintenant c’est pareil », dit-il. « Si je ne l’avais pas accepté, ça aurait été un drame. Effectivement, c’est une question d’identité ».

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