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L’histoire derrière la photo de cet homme qui refusa de faire le salut nazi en 1936

Crédits : Wikimedia Commons

Courage, insoumission, rébellion, les symboles sont nombreux sur ce cliché célèbre capturé en 1936, à Hambourg en Allemagne, où l’on voit une foule entière faire le salut nazi, et au milieu de cette foule, un homme, bras croisés, refusant de lever le bras. 

C’est l’histoire d’un cliché fort de symbolisme qui a fait le tour du monde, aujourd’hui exposé au centre de documentation « Topographie de la Terreur » qui, autre symbole, est installé dans l’ancien QG de la Gestapo, à Berlin en Allemagne. C’est en 1936, sous Hitler, à Hambourg qu’a été prise cette photographie qui met en scène une foule lever le bras à l’unisson pour réaliser le salut nazi, afin de célébrer le départ d’un tout nouveau navire au port de Hambourg. Mais au milieu de cette foule, un homme marque les esprits : il reste les bras croisés, insoumis.

Cet homme, c’est August Landmesser, jeune ouvrier du chantier naval de Hambourg, expliquant sa présence pour le départ du navire. Mais « ce jour-là, Adolf Hitler lui-même était présent à Hambourg« , précise le texte qui accompagne le cliché au centre de documentation. Pourquoi refuse-t-il alors de faire le salut nazi ? En réalité, il avait des raisons personnelles de rester les bras croisés.

C’est son mariage, un an plus tôt en 1935, qui a posé problème. La cause ? Il a épousé Irma Eckler, 22 ans et juive. La loi interdisant cette union, il est exclu du parti nazi ce qui n’empêche pas le couple de donner naissance à deux enfants, en 1935 et en 1937. Le couple est alors arrêté et emprisonné en 1938 pour avoir « déshonoré la race », et condamné aux travaux forcés.

La suite ? August Landmesser est libéré en 1941 pour pouvoir être envoyé au front, où il disparaîtra. Quant à Irma, elle décède en 1942 au cours de sa détention. Les deux filles sont elles séparées, l’une envoyée chez ses grands-parents, l’autre envoyée à l’orphelinat, et vivent encore aujourd’hui.

Source : washingtonpost