in

Et si « l’extase du coureur » était liée à des substances proches du cannabis ?

Crédits : skeeze / Pixabay

Dans une étude publiée dans Cellular and Molecular Life Sciences, des chercheurs affirment que les endorphines n’auraient rien à voir avec l’extase du coureur, ce serait en réalité, des composés chimiques relâchés par le système endocannabinoïde de notre corps.

Ces mêmes composés sont à l’origine de la modération des effets psychoactifs de la marijuana. Ces conclusions ont été obtenues par des expériences réalisées sur des souris. Il était très répandu depuis des années que si un coureur éprouvait du plaisir, ceci était dû aux endorphines, analgésiques naturels, plus communément appelés « hormone du plaisir ». C’est dans les années 1980, que des chercheurs ont remarqué que lors de longues courses, le coureur avait tendance à se sentir relaxé et que ces niveaux d’endorphines s’élevaient anormalement, la conclusion a été rapide et logique : l’endorphine cause « l’extase du coureur ».

Pourtant, des chercheurs ont mis en difficulté cette théorie en affirmant que les endorphines ont une taille beaucoup trop grande pour passer avec succès à travers l’enveloppe protectrice du cerveau, la barrière hémato-encéphalique. De manière très simple, des scientifiques de l’École de médecine de l’Université d’Heidelberg à Mannheim, en Allemagne, ont placé des souris sur des roues pour leur faire avoir une activité physique notable. Soumis à plusieurs niveaux d’endocannabinoïdes, les souris ont exprimé plus ou moins de relaxation et de calme.

Les chercheurs ont également étudié les différents taux d’endorphines et d’endocannabinoïdes dans le sang des souris, en leur donnant des médicaments pour bloquer l’effet des endocannabinoïdes ou des endorphines. L’extase du coureur ne semblait plus se faire ressentir chez les souris qui n’avaient plus d’endocannabinoïdes, mais elle conservait un certain calme. Ces conclusions d’études sont cependant à prendre avec des pincettes, car le comportement observé chez une souris peut diverger de celui de l’Homme. L’étude a surtout le mérite de remettre en question le véritable effet des endorphines.