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L’exoplanète 55 Cancri e serait le théâtre d’une intense activité volcanique

Crédits : U. Texas, NSF, NASA / Wikipédia

Une récente étude suggère que des changements atmosphériques extrêmes sont en cours sur l’exoplanète 55 Cancri e. Selon eux, cette « super-Terre » serait le théâtre d’une intense activité volcanique surchauffant sa surface à plus de 2100 °c.

Situé à 40 années-lumière de nous, ce corps céleste est considéré comme une super-Terre en raison de sa composition rocheuse et ses dimensions. Durant plus de deux ans, des scientifiques ont pu observer l’exoplanète grâce au télescope Spitzer (Nasa), et ont pu constater d’importants changements atmosphériques à sa surface : « C’est la toute première fois que nous observons des changements aussi importants dans la lumière émise par une exoplanète, ce qui est particulièrement remarquable pour une super-Terre », a affirmé dans un communiqué Nikku Madhusudhan, co-auteur de l’étude.

Considérée comme une planète océan pendant quelque temps, la théorie est donc aujourd’hui bousculée par les changements découverts. En effet, les données récoltées par le télescope Spitzer montrent que 55 Cancri e pourrait avoir une intense activité volcanique. Les mesures indiquent des températures variant de 1.000 à 2.700 °C. Mais de telles températures ne sont pas surprenantes, 55 Cacri e orbitant en seulement 18 jours autour de son étoile (ce qui inclut une très faible distance entre les deux). En revanche, leurs fortes variations le sont beaucoup plus.

En effet, les données récoltées par Spitzer ont révélé près de 300 % de changements dans le signal provenant de cette planète. Une première sur une exoplanète. Selon Brice-Olivier Demory, principal auteur de l’étude, la surface de l’exoplanète serait en proie à des éruptions volcaniques importantes et répétées qui conduiraient à une hausse des températures : « une explication probable pour cette variabilité est une activité de surface à grande échelle, peut-être du volcanisme, rejetant d’énormes volumes de gaz et de poussière, qui parfois couvrent les émissions thermiques de cette planète, de fait cela ne peut être observé depuis la Terre ».

Si l’hypothèse se confirme, cette découverte est de bon augure pour les futures observations. Grâce au successeur de Hubble, le télescope James Webb, il sera bientôt possible d’analyser la composition de cette matière éjectée par spectroscopie. On devrait alors commencer à déterminer la composition chimique précise de l’intérieur d’une exoplanète pour la première fois, ouvrant une ère nouvelle pour la planétologie comparée et les modèles de formation des systèmes planétaires.

Sources : Sky & TelescopeFutura-Sciences