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L’excès de sommeil favoriserait-il les AVC ?

Crédits : claudioscot / Pixabay

Une nouvelle étude, réalisée par des chercheurs de Cambridge et de Miami est venue mettre en avant que les personnes dormant plus de huit heures par nuit auraient une plus grande probabilité d’être victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Explications.

Alors que de nombreux travaux s’emploient depuis quelque temps à mettre en exergue les effets délétères d’un manque de sommeil sur notre santé, des chercheurs des universités de Miami et de Columbia ont quant à eux décidé d’œuvrer à contre-courant. Au sein de leur étude publiée dans la revue Neurology, ces scientifiques ont en effet mis en évidence que les personnes dormant plus de huit heures par nuit auraient un risque accru d’être touchées par un accident vasculaire cérébral (AVC).

Pour arriver à cette conclusion, les auteurs de l’étude ont effectué une analyse d’une durée de dix ans portant sur les habitudes de près de 10.000 personnes âgées de 42 à 81 ans. Parmi les participants, 69 % ont rapporté dormir entre six et huit heures par nuit et 10 % ont déclaré avoir un temps de sommeil excédant les 8 heures.

Pendant la durée de l’étude, 346 participants ont subi un AVC, mortel ou non. En tenant compte des autres facteurs de prédisposition, les auteurs ont ainsi estimé que le risque d’AVC était majoré en moyenne de 46 % chez les « gros dormeurs » par rapport à ceux qui dormaient entre 6 et 8 heures par nuit. En outre, ce risque serait encore bien plus important chez les personnes passant d’un temps de sommeil court à un temps de sommeil long. En effet, la probabilité pour que ces individus soient touchés par un AVC sur une période de quatre ans serait multipliée par quatre, si l’on en croit les chercheurs.

Il est cependant important de rappeler que cette étude a seulement permis de mettre en évidence une corrélation et qu’aucune conclusion définitive ne peut en être déduite. « Nous avons évalué la qualité du sommeil général à l’aide d’un questionnaire, mais c’est une mesure relativement brute. Nous avons ainsi été incapables de différencier les personnes qui dorment très peu naturellement de celles dormant peu à cause de contraintes (insomnie, apnée…) », relativisent ainsi les auteurs de l’étude.

Des recherches plus poussées devraient donc être effectuées dans le futur afin d’en apprendre davantage sur ce lien entre temps de sommeil et risques d’AVC. Pour l’heure, cette étude vient pondérer dans une certaine mesure les résultats d’autres travaux prônant les vertus d’une longue nuit. Ainsi, il y a fort à parier que la clé d’une bonne santé réside en réalité dans un juste dosage de son temps de sommeil.

Sources : Sciences & Avenir — 20minutes