in ,

L’Ever Given a une taille “raisonnable” face aux porte-conteneurs géants du futur

Crédits : Robert Schwemmer / Wikimedia Commons

Les porte-conteneurs actuels ont déjà une taille très imposante. En revanche, la course au gigantisme se poursuit concernant ce type de navires. Or, ceci pourrait à terme poser d’importants problèmes d’infrastructure et de logistique.

Des porte-conteneurs toujours plus imposants

Fin mars 2021, le porte-conteneurs Ever Given avait fait grand bruit pour avoir bloqué le canal de Suez durant près d’une semaine. Il faut dire que le trafic sur ce canal représente tout de même 10 % du commerce maritime international. Certains ont vu dans cette affaire les dérives du gigantisme du transport maritime. Avec ses 400 mètres de long et ses 220 000 tonnes, l’Ever Given est un des plus gros porte-conteneurs au monde, le plus massif étant le HMM Algeciras avec une capacité de 24 000 équivalent vingt pieds (EVP).

Comme l’explique Bloomberg dans un article du 30 mars 2021, le plus gros porte-conteneurs en 1999 avait une capacité de seulement 7 200 EVP. À l’époque, des chercheurs néerlandais affirmaient qu’il serait impossible de construire un porte-conteneurs de plus de 18 000 EVP. Aujourd’hui, le monde compte une centaine de navires de plus de 20 000 EVP. De plus, un quart des cargos en préparation en Chine et en Corée du Sud dépassent les 24 000 EVP.

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Actuellement, le Hudong-Zhonghua Shipbuilding prépare déjà de futurs bateaux ayant une capacité de plus de 25 000 EVP. Citons également une étude sud-coréenne publiée dans le Journal of Marine Science and Engineering en 2019. Selon les chercheurs, des porte-conteneurs de plus de 30 000 EVP et 500 mètres de long devraient faire leur apparition avant 2030.

HMM Algeciras porte-containers
Le HMM Algeciras est le porte-conteneurs le plus massif du monde. – Crédits : kees torn / Wikimedia Commons

Plusieurs problèmes de taille à venir

Rappelons au passage que l’objectif de ce genre de navire est de faire des économies d’échelle. En effet, la rentabilité est à la hauteur de la quantité de marchandise que l’on transporte, malgré la consommation de carburant. Par ailleurs, des bateaux plus imposants peuvent desservir un plus grand nombre de ports sur leur trajet. En revanche, la taille toujours plus imposante des porte-conteneurs commence à devenir un réel problème. Par exemple, le temps de déchargement s’allonge avec la taille du navire. Pour un porte-conteneurs de plus de 30 000 EVP, il faudrait compter un temps de déchargement de 97 heures.

Évoquons également le fait que certains ports auront d’importantes difficultés. Certains ont même atteint leurs limites, comme Rotterdam (Pays-Bas) où les plus gros bateaux doivent attendre la marée haute pour accoster. À Hong Kong et Shanghai (Chine) ou encore Busan (Corée du Sud), les autorités devront draguer toujours plus profond afin que ces géants des mers puissent accoster sans encombre.