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L’étonnante disparition de la mer Aral

Crédits : Nasa / Wikipédia

En 1960, la mer d’Aral s’étendait encore sur 66 458 km². Aujourd’hui, elle ne recouvre plus que 13 900 km². On pourrait penser que son assèchement est dû au réchauffement climatique, mais l’Homme est en réalité responsable de cette situation catastrophique.

La mer d’Aral, qui était autrefois le quatrième plus grand lac du monde, se situe entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan et prend sa source dans deux fleuves, l’Amou-Daria et le Syr-Daria. Mais elle ne cesse de s’assécher un peu plus chaque année : en 40 ans, la moitié de sa surface a disparu.

Ce phénomène s’observe depuis les années 1960 quand l’eau des fleuves a été détournée par les Soviétiques pour irriguer les champs de coton. La neige et la pluie sont également devenues de plus en plus rares dans la région de la mer d’Aral, ce qui provoque une baisse inquiétante du niveau de l’eau. Depuis lors, la population alentour s’est multipliée par quatre et le lac ne suffit donc plus à approvisionner les villes.

Les conséquences sont terribles : le bassin est pollué à cause de la poussière et des produits chimiques des cultures voisines qui contaminent également les habitations alentour. Les activités comme la pêche ne sont aujourd’hui plus envisageables sur le lac. Le climat se retrouve également bouleversé par ce phénomène : les étés sont aujourd’hui plus chauds et secs et les hivers très froids.

Au fil du temps, la mer d’Aral s’est divisée en deux parties. Au nord, le bassin tente d’être préservé tandis qu’au sud, la surface d’eau continue de se réduire peu à peu et le sel qu’elle contient reste dans le sol, ce qui empêche toute forme d’agriculture.

En 2005, le barrage Kokaral a été construit par le Kazakhstan dans le but de sauver le nord du bassin en la séparant du sud. Cette installation a permis de faire augmenter le niveau de l’eau de plusieurs mètres, en dépit de la partie sud du lac.

Aujourd’hui, la mer d’Aral est en voie de disparition et risque de complètement disparaître d’ici quelques années.

Julia Vignon

Sources : Slate, Sciences et Avenir, Arcinfo.

Illustration : NASA.