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Les vermifuges pour bovins ont des effets dévastateurs sur la faune environnante

Crédits : Pat_Scrap/pixabay

Une étude suggère que certains traitements antiparasitaires utilisés sur les bovins ont des effets dévastateurs sur la faune environnante.

Une équipe de chercheurs de l’Université de Sussex a récemment étudié l’impact environnemental des vermifuges. Il s’agit en effet d’une classe de médicaments antiparasitaires largement utilisés chez les bovins dans le monde. L’étude s’est particulièrement concentrée sur l’un des produits les plus courants : l’Ivermectin. On utilise notamment ce médicament pour traiter des parasitoses comme la gale. En France, notez que cet antihelminthique est commercialisé par le laboratoire MSD sous les dénominations commerciales Mectizan et Stromectol et sous le nom d’Ivomec par Merial.

Éliminés par voie fécale, les restes de ces traitements restent souvent concentrés dans les bouses pendant plusieurs jours. C’est pourquoi les chercheurs ont focalisé leur attention sur l’impact de ces médicaments antiparasitaires sur les bousiers, de petits coléoptères qui jouent un rôle déterminant dans l’écosystème.

Plusieurs fonctions écologiques

Ces petites créatures ont en effet le pouvoir d’enterrer et de recycler les excréments par leur digestion. Ils accélèrent ainsi la formation d’engrais naturel et enrichissent les sols. En outre, ils protègent au passage les bovins et ovins de potentielles infections déclarées suite à la putréfaction naturelle de leurs excréments et propagées ensuite par les mouches.

Par ailleurs, ces coléoptères figurent au menu de nombreuses chauves-souris, dont la Sérotine ou le Grand rhinolophe (chauve-souris fer à cheval). Or, ce sont deux espèces considérées comme vulnérables à l’extinction dans plusieurs pays européens.

bousiers bovins
Deux bousiers s’affrontant pour la propriété d’une pelote fécale. Crédits : Rafael Brix/Wikipédia

Un tiers de larves en moins

Pour ces travaux, les chercheurs ont examiné les résultats de 22 études. Toutes portaient sur les effets des endectocides sur la « faune des excréments ». Au terme de cette méta-analyse publiée dans la revue Environmental Toxicology and Chemistry, les chercheurs ont découvert que l’agent antiparasitaire avait tendance à attirer activement les bousiers adultes. Le problème, c’est qu’en raison de la toxicité des produits chimiques libérés, leurs larves présentaient un faible taux de survie et à un développement altéré.

« Par rapport aux groupes témoins, nous avons constaté que les échantillons de bouse de bovins traités avec ces produits avaient environ un tiers de moins de larves de bousier« , résume Domhnall Finch, principal auteur de l’étude.

Davantage de recherches seront nécessaires pour déterminer les effets d’autres agents disponibles sur le marché. Cependant, ces travaux montrent clairement que certains produits chimiques, largement utilisés, ont un impact négatif durable sur la faune des pâturages. « Il est urgent de trouver des alternatives« , concluent ainsi les chercheurs.

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