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Les vagabondes cosmiques bien plus nombreuses qu’estimé ?

Crédits : WikiImages / Pixabay

L’espace intergalactique n’est peut-être pas aussi vide qu’on le pensait. L’expérience CIBER lancée en 2010 révèle une brillance anormalement élevée dans l’infrarouge, explicable par la présence de nombreuses étoiles dans l’espace entre galaxies.

L’expérience a eu lieu pendant un vol suborbital : une fusée, relativement petite, a envoyé l’instrument au-dessus de l’atmosphère pendant 7 minutes, lui permettant de capturer des images grand-angles du ciel. S’il a été nécessaire de faire un petit tour dans l’espace pour effectuer ces observations, c’est parce que l’atmosphère brille légèrement la nuit, ce qui pose un gros problème quad il s’agit de détecter des signaux très faibles. Après avoir tenu compte des signaux venant de notre propre galaxie, les astronomes ont isolé un fond résiduel étonnamment intense, et trop bleu pour être plus distant que les galaxies alentour.

Les objets apparaissent en effet de plus en plus rouges à mesure qu’ils sont lointains. C’est une conséquence à la fois de l’effet Doppler et de l’expansion de l’Univers. Les objets les plus distants s’éloignent de nous plus vite que ceux plus proches, et, comme une sirène de pompiers qui semble plus grave quand le camion s’éloigne, les corps les plus lointains sont décalés vers le rouge, ce qui permet d’évaluer leur vitesse, et donc leur distance.

En utilisant cette méthode, il apparaît que le rayonnement de fond capté par CIBER est émis par des étoiles qui n’appartiennent à aucune galaxie, mais baignent l’espace entre elles. S’il n’est pas possible de voir des points de lumière, c’est parce qu’elles sont très distantes par rapport à celles qu’il est possible de voir par une nuit clair, et forment un fond homogène de notre point de vue.

Il avait déjà été observé que des collisions entre galaxies pouvaient éjecter des étoiles, et que certaines de ces vagabondes se promènent dans l’espace intergalactique, mais ces résultats indiquent que la moitié des étoiles en existence seraient dans cette situation, ce qui est inattendu et demande plus de recherches en vue de reconstituer l’histoire de ces étoiles solitaires.

Source : NASA