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Les soins parentaux ont au moins 300 millions d’années

Crédits : Université Carleton

Des chercheurs de l’Université Carleton (Canada) annoncent avoir découvert les plus anciennes preuves fossiles de soins parentaux prolongés.

Si vous sentez votre enfant en danger, vous le protégez quoi qu’il arrive et quoi qu’il en coûte. C’est naturel, instinctif, mais depuis quand ? L’histoire évolutive de ce comportement reste en effet très mystérieuse. La découverte de fossiles sur l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, nous permet aujourd’hui d’y voir un peu plus clair.

Nous savons désormais qu’il y a environ 309 millions d’années les ancêtres des mammifères faisaient déjà preuve d’une attention particulière envers leur progéniture.

À l’intérieur d’une souche d’arbre, des chercheurs canadiens ont en effet découvert les restes d’un spécimen adulte de l’espèce Dendromaia unamakiensis protégeant son petit avec sa queue et l’une de ses pattes. Ils sont morts – et ont été préservés – dans cette position. Les détails de l’étude ont été publiés dans la revue Nature Ecology & Evolution.

« Il s’agit de la plus ancienne preuve de soins postnataux prolongés chez un vertébré, assure Hillary Maddin, principale auteure de l’étude. L’animal adulte semble cacher et protéger l’un de ses petits dans une tanière (le petit est disposé sous la patte arrière de l’adulte et encerclé par sa queue). Ce type de comportement est commun chez les mammifères d’aujourd’hui. Il est intéressant de voir cet animal présenter un tel comportement si tôt dans notre ligne évolutive ».

soins parentaux
Une illustration de la mère Dendromaia avec son bébé. Ces animaux, qui ressemblaient aux varans modernes, sont les ancêtres des mammifères. Crédits : Université Carleton

Investissement parental

Les soins parentaux représentent une stratégie très coûteuse pour le parent, qui doit sacrifier de l’énergie et des ressources plutôt que de les utiliser à son propre bénéfice. Le fait d’investir autant dans une progéniture unique ôte également au parent des possibilités d’investir dans d’autres progénitures.

Nous parlons ici de protection, mais les soins parentaux impliquent également d’autres formes d’attention, comme la préparation de nids et de terriers ou de réserves alimentaires. C’est cette notion de sacrifice, au bénéfice de la survie de l’espèce, qui fascine les spécialistes de l’évolution. Appréhender l’histoire de ce comportement est essentiel si nous voulons véritablement comprendre notre propre histoire.

Les chercheurs ambitionnent maintenant de retrouver des preuves fossiles de soins parentaux encore plus anciens. L’entreprise reste néanmoins compliquée tant le processus de préservation peut évoluer au cours du temps. Ici la position des fossiles suggère un enterrement rapide avec peu de mouvements après la mort. Autrement dit, la disposition des deux animaux est une approximation étroite de leur position juste avant leur décès.

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