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Les scientifiques mâles stressent les souris de laboratoire

Crédits : iStock

Les souris de laboratoire sont des cobayes de choix depuis des années. Pourtant, il nous reste encore des choses à découvrir sur elles, notamment sur le plan biologique et comportemental. En effet, l’odeur des scientifiques mâles les stresse, diminuant leur ressenti à la douleur.

Les animaux sont un outil indispensable dans le domaine biomédical. Ils contribuent énormément à la compréhension des mécanismes de différentes maladies, ainsi qu’au test d’efficacité et de toxicité de divers médicaments et produits chimiques. L’un des avantages (ou inconvénients selon le point de vue) de ces petites bestioles est qu’elles se reproduisent rapidement, permettant une étude sur plusieurs générations sur un intervalle de temps raisonnable. Ces animaux sont également peu coûteux et relativement simples à entretenir. Ajoutez à cela que 99% de leurs gènes sont identiques aux nôtres et vous obtenez un sujet de test quasi parfait.

Malheureusement, il semblerait qu’elles soient influencées par le sexe de l’expérimentateur. En analysant le niveau de douleur ressenti grâce au barème de grimace de la souris, il semble qu’elles montrent une diminution de la réponse à la douleur d’environ 40% quand un homme est resté dans la chambre. La présence d’une femme en revanche n’a pas de conséquence. Cela n’est pas caractéristique de l’homme, la présence d’un autre animal mâle provoque le même effet, qu’il s’agisse d’un chien, d’un chat ou d’un cobaye.

Les animaux stressés avaient des niveaux élevés de corticostérone dans le sang dû au stress. Cette hormone permet d’annuler brièvement la réponse à la douleur. Plus qu’une simple curiosité scientifique, cette étude peut remettre en cause plusieurs résultats de diverses recherches. Néanmoins, cela ne signifie pas que toutes les expérimentations déjà réalisées jusqu’alors soient caduques. Le principal domaine visé par cette découverte est l’étude des comportements des animaux.

Toutefois, Jeffrey Mogil, chercheur au McGill University au Canada, invite les scientifiques à signaler le sexe des expérimentateurs dans leurs publications, et si ces derniers changent à mi-parcours, d’inclure leur sexe comme variable dans l’analyse. Joseph Garner, qui étudie le comportement des souris à l’université de Stanford en Californie, conclue que « nous devons davantage considérer les animaux comme des sujets vivants que des outils de mesure contrôlables ».

Sources : Labome, Nature, NewScientist