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Les restes d’un requin vieux de 370 millions d’années découverts

Crédits : Université de Zurich

Une équipe de chercheurs annonce avoir découvert, au Maroc, les restes squelettiques de Phoebodus, un ancien requin évoluant sur Terre il y a 370 millions d’années. Les détails de l’étude sont publiés dans les Actes de la Royal Society B.

Le squelette des requins – fait de cartilage mou – a tendance à ne pas fossiliser car il n’est pas assez robuste. C’est pourquoi les anciens requins ne laissent généralement derrière eux que des dents. Seules trois d’entre elles ont jusqu’à présent permis d’identifier le genre Phoebodus, des requins vivant en eau peu profonde il y a plus de 370 millions d’années. Une équipe de chercheurs annonce aujourd’hui la découverte d’un spécimen quasi-complet. Il fut probablement piégé à l’époque dans un environnement pauvre en oxygène, qui permit sa conservation.

Un corps semble à celui d’une anguille

Une trouvaille exceptionnelle qui permet aujourd’hui d’imaginer plus en détail l’anatomie de cet ancien poisson prédateur. L’une des caractéristiques les plus remarquables de ce groupe de requins est sans doute la forme de leur corps, semblable à celle des anguilles, congres et autres murènes. Ils avaient également un crâne écrasé et une longue mâchoire. D’après les premières analyses, ce nouveau spécimen serait étroitement apparenté à Thrinacodus gracia, une autre espèce de requin qui vécut dans le Montana à la même époque.

requin fossile
Le fossile découvert au Maroc, vieux de 370 millions d’années. Crédits : Actes de la Royal Society B : Sciences biologiques (2019)

Une ressemblance avec le requin à collerette

Si vous deviez le comparer à un requin moderne, les chercheurs notent que vous devriez vous pencher sur le requin à collerette (Chlamydoselachus anguineus). Même si les deux ne sont pas liés. Leurs dents sont notamment similaires : très pointues et tournées vers l’intérieur. On imagine alors que cet ancien requin se nourrissait de la même manière.

« De nombreux requins modernes ont des dents leur permettant de couper leurs proies avant d’ingérer les morceaux, explique le co-auteur de l’étude, Christian Klug, de l’Université de Zurich. En revanche, les dents de Phoebodus, tout comme chez le requin à collerette, ne sont utiles que pour capturer une proie et pour ensuite l’avaler toute entière ».

Chez le requin à collerette, le fait d’avoir les dents pointant vers l’intérieur permet également de s’assurer que la proie ne peut aller que dans un sens : dans la gorge. Il est donc très probable que le même piège se refermait sur les proies de Phoebodus à son époque.

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