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Les restes du plus vieil Homo sapiens d’Europe découverts

Crédits : Courtesey E. Daynes

Des restes fossilisés d’Homo sapiens découverts en Bulgarie suggèrent que les premiers humains se sont étendus sur le continent européen plus tôt qu’on ne le pensait.

Les raisons de l’extinction de nos cousins néandertaliens sont encore débattues par les anthropologues. Pour beaucoup, nos ancêtres directs y sont pour beaucoup, mais cette affirmation ne peut avoir de sens que si nous savons exactement quand les premiers humains modernes sont arrivés en Europe, où s’était établi Neandertal.

Jusqu’à présent, les premiers restes humains modernes incontestés retrouvés sur le Vieux continent provenaient de la grotte d’Oase, en Roumanie, et dataient d’environ 41 000 ans (notez que des restes plus anciens ont été retrouvés sur des sites en Italie et en Grande-Bretagne, mais les résultats de ces études sont controversés).

Ceci étant dit, étant donné que Neandertal a disparu il y a environ 40 000 ans, cela suggère que son déclin coïncide de manière suspecte avec l’arrivée des premiers humains en Europe. Mais de nouveaux travaux remettent en doute cette chronologie.

Le plus vieil homo sapiens d’Europe

La grotte de Bacho Kiro, retrouvée dans les Balkans, en Bulgarie, a fait l’objet de nombreuses fouilles depuis les années 30. Plus récemment, des recherches menées en 2015 sur le site préhistorique ont révélé dans une couche sédimentaire des milliers d’os d’animaux (bisons et cerfs en majorité), des outils en pierre et en os, des bijoux, et les restes de cinq fossiles que l’on soupçonnait appartenir à un humain moderne, dont une molaire.

Ces ossements, trop dégradés pour être identifiés par examen direct à l’époque, ont récemment fait l’objet d’une analyse par spectrométrie de masse. Ces travaux ont confirmé qu’ils appartenaient jadis à un être humain. En outre, les deux méthodes de datation utilisées (carbone 14 et ADN) donnent à ces restes un âge approchant les 45 000 ans, ce qui fait des occupants de la grotte de Bacho Kiro les plus anciens Homo sapiens connus à ce jour en Europe.

Ce que nous apprennent ces nouvelles découvertes faites en Bulgarie, c’est qu’Homo Sapiens, est arrivé plus tôt que prévu sur le territoire néandertalien. Autrement dit, l’arrivée de nos ancêtres n’a pas coïncidé avec la disparition de Neandertal. En réalité, ces deux populations ont interagi ensemble pendant des milliers d’années.

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Quelques unes des pierres taillées retrouvées à Bacho Kiro. Crédits : Tsenka Tsanova

Cette étude a également d’autres implications, suggérant que nos ancêtres ont probablement eu une forte influence sur la culture néandertalienne. Plusieurs pièces d’ornements ont en effet également été retrouvées. Et parmi elles, des colliers en dents d’ours dont certains sont étonnamment similaires aux ornements fabriqués plus tard par les néandertaliens en Europe occidentale.

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