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Les récifs coralliens sont-ils d’ores et déjà condamnés ?

Crédits : iStock

De nouvelles recherches, présentées lors de la journée des sciences océaniques de 2020, prédisent que les habitats des récifs coralliens pourraient disparaître entièrement d’ici 2100.

Les coraux sont des créatures étonnantes. Ces derniers, qui occupent moins de 0,2 % des fonds marins, abritent à eux seuls près de 35% de la vie marine, en biomasse mais aussi en nombre d’espèces. Au niveau des côtes, ils constituent également un rempart incroyablement puissant contre les phénomènes naturels, tels que les cyclones et les ouragans. Leur importance n’est plus à démontrer. Malheureusement, les coraux se meurent.

Une situation inquiétante

Ces organismes entretiennent en effet une relation symbiotique avec de petites algues qui, grossièrement, sont responsables de leur couleur. Du moins, lorsque les conditions sont optimales. À la moindre hausse de température, en revanche, le corail stressé se débarrasse de ses algues. Une séparation qui entraîne alors le blanchiment des coraux.

Les coraux blanchis ne meurent pas nécessairement. En revanche, ils deviennent encore plus vulnérables aux sévices environnementales.

Au cours de ces dernières années, il a été démontré que la hausse des températures océaniques, qui entraîne une acidification de l’eau, favorisait le stress corallien.

Récemment, il a également été démontré que l’azote, rejeté par le ruissellement des eaux usées mal traitées, jouait également un rôle très important dans le déclin des coraux. De grandes concentrations d’azote privent en effet ces organismes de phosphore. Une véritable carence qui réduirait ainsi leur seuil de température de blanchiment.

Compte tenu de toutes ces menaces, il a été souligné que 70 à 90% des coraux pourraient disparaître au cours des 20 prochaines années.

récifs coralliens
Des coraux aux Maldives. Crédits : giusti596/Pixabay

Pourrait-on restaurer les récifs ?

Ceci étant dit, une équipe de chercheurs a voulu déterminer quels environnements, au cours de ces prochaines décennies, seraient les plus favorables à des projets de restauration de récifs coralliens.

Ces techniques visent essentiellement à cultiver des coraux en laboratoire puis à les intégrer dans des structures déjà existantes, où ils peuvent grandir et prospérer, donnant finalement un coup de pouce aux récifs en difficultés.

Cependant, lorsque les chercheurs ont cartographié les zones où pourraient éventuellement se concentrer ces efforts de restauration, ils se sont aperçus qu’aucun d’entre eux ne permettrait de faire une réelle différence. Il est en effet ressorti que la moitié des habitats de coraux actuels ne seront plus viables d’ici 2045. Et que d’ici 2100, la quasi totalité seront devenus inhospitaliers.

« C’est une conclusion assez sombre », assume Renee Setter, de l’Université d’Hawaï Manoa et principale auteure de l’étude.

Quelques sites, en Basse-Californie et en Mer Rouge, pourraient éventuellement accueillir des coraux en 2100, peut-on lire, mais leur proximité avec des rivières n’en feront pas des lieux où il fera forcément bon vivre.

Au regard de ces nouvelles recherches, il semblerait que les coraux soient d’ores et déjà condamnés. À moins que des mesures véritablement drastiques soient mises en place pour traiter les causes de ce déclin.

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