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Les recherches de l’avion disparu nous prouvent à quel point nos océans sont pollués

Crédits : byrev / Pixabay

Disparu le 8 mars dernier, le Boeing 777 de la Malaysia Airlines a donné lieu à une impressionnante mobilisation internationale impliquant des dizaines de bateaux et d’avions pour tenter de retrouver des traces de sa chute dans l’océan. En un mois et demi, les pistes ont été nombreuses. Débris de plusieurs mètres de longueur et nappes d’hydrocarbure ont régulièrement donné l’espoir de mettre la main sur l’épave du Boeing. Pourtant, tous ces déchets n’avaient aucun rapport, ils constituent l’énorme masse de polluants qui sont chaque jour déversés dans les océans et qui menacent la vie marine.

À chaque tempête, les habitants des côtes font le même constat. Les plages se retrouvent jonchées de déchets en tout genre qu’il faut ensuite nettoyer. Chaussures en plastique, bouteilles, emballages, tissus, filets de pêche.. Ces objets ne constituent pourtant que la partie visible de la pollution.

Lentement mais sûrement, les eaux qui entourent la Terre sont transformées en poubelle. La partie la moins visible est pourtant la plus importante. Elle est constituée des hydrocarbures, produits toxiques, matières plastiques.. Chaque année, ce sont des millions de tonnes de ces polluants qui se retrouvent dans les océans. Tout près de chez nous, la Mer Méditerranée se remplit ainsi de 50 millions de tonnes de déchets chaque année, mais toutes les mers et océans sont touchés de la même façon.

Des « îles » de plastique au milieu des océans

En effet, 80% des eaux usées dans le monde y finissent leur « vie », produisant régulièrement des marées vertes sur les côtes. Les rejets de débris plastiques ont quant à eux produit une invasion massive de plastiques microscopiques qui se retrouvent ingérés par les organismes marins et créent des « îles » de plastique dans les zones de vents faibles et de haute pression. Au moins cinq de ces zones appelées « gyres » sont touchées et ont été rebaptisées « le 7e continent ». Celui ci n’implique pas de « terre ferme » comme on pourrait l’entendre, mais une très forte concentration de débris plastique, en partant des morceaux visibles aux plus petites particules qui peuvent être confondues par les poissons pour du plancton.

L’acidification des eaux pourrait perturber le comportement des animaux marins

Un autre phénomène inquiète, il s’agit de l’acidification des océans liée à l’absorption d’une partie du dioxyde de carbone relâché dans l’atmosphère. Or, les émissions de C02 ne cessent d’augmenter depuis les années 1950 et l’industrialisation de pays comme la Chine et l’Inde ne fera qu’accélérer la tendance. L’acidification des eaux pourrait perturber le comportement des animaux marins comme le révèle une étude menée au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Pour enrayer une pollution menaçant les océans d’asphyxie, l’ONU prônait en 2011 pour une « transition mondiale vers une économie verte plus efficace ». Il est certain que l’on ne pourra pas faire machine arrière du jour au lendemain, mais les gouvernements et citoyens du monde ont tout intérêt réagir rapidement s’ils veulent sauver les fonds marins.