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Les queues de ces dinosaures pouvaient-elles vraiment franchir le mur du son ?

queues dinosaures mur du son
Crédit : Mark Stevenson

Les sauropodes sont bien connus pour leur taille massive et leur long cou. Parmi eux figuraient les dinosaures flagellicaudatan qui présentaient un allongement extrême de la queue. D’une longueur similaire à celle d’un semi-remorque, certains ont avancé l’hypothèse que celle-ci pouvait franchir le mur du son en fouettant. Une nouvelle étude publiée dans Scientific Reports démystifie cette idée.

Les queues extrêmement allongées des sauropodes diplodocides flagellicaudatans, comme le Brontosaure, ont toujours intrigué les paléontologues. Bien qu’aucune queue complète n’ait été trouvée jusqu’à présent, la morphologie générale et le nombre approximatif d’os ont pu être déduits à partir de découvertes partielles. Celles-ci montrent que la queue de ces animaux était constituée d’environ 80 vertèbres caudales diminuant progressivement en taille globale et en complexité morphologique vers la pointe.

Cette morphologie particulière a donné naissance à de nombreuses hypothèses visant à expliquer la fonction de cette longue et fine queue. Selon certains, elle aurait pu agir comme une « troisième jambe » favorisant une posture bipède, quand d’autres ont imaginé qu’elle pouvait servir comme contrepoids au long cou ou en tant que dispositif tactile pour la conscience spatiale.

Enfin, une autre idée suggérait que cette queue aurait pu être utilisée en tant que structure bruyante similaire à un fouet, probablement pour se défendre. En ce sens, certains ont avancé l’idée que ces dinosaures pouvaient déplacer leur queue aussi vite que le vitesse du son au niveau de la mer (1 225 km/h). Mais était-ce vraiment le cas ?

Pas plus de 100 km/h

Pour tenter de le savoir, des paléontologues ont examiné les fossiles de cinq diplodocides distincts pour créer un modèle numérique de l’une de ces queues. Celle-ci mesurait environ douze mètres de long, pesait 1 446 kilos et était dotée de 82  vertèbres.

« Pas beaucoup d’études ont été faites en utilisant ces méthodes« , détaillent les auteurs. « En ingénierie aérospatiale, il est courant de tester des pièces d’avions pour voir combien de contraintes les structures peuvent supporter. Nous voulions tester la même approche, mais sur les matériaux organiques des animaux. Il n’est pas courant de voir l’ingénierie aérospatiale et la paléontologie travailler ensemble. »

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Un modèle informatique d’une queue de diplodocide. Crédit : Simone Conti

Les chercheurs ont ensuite analysé la dynamique du mouvement de ce modèle 3D au moyen d’une simulation multicorps et ils ont quantifié les capacités de résistance aux contraintes des tissus mous associés. D’après l’étude, une telle structure allongée et élancée permettrait d’atteindre des vitesses de pointe de l’ordre de 30 m/s, soit environ 100 km/h, ce qui est bien inférieur à la vitesse du son. Au-delà, les chercheurs perdaient des morceaux de la queue.

Selon l’étude, ces limitations de vitesse étaient probablement causées par les tissus mous qui reliaient chacune des vertèbres de la queue. Ils comprenaient les différents muscles, tendons, ligaments et la peau.

Alors que le but de la queue en forme de fouet de ces dinosaures est encore indéterminé, les chercheurs spéculent qu’elle était probablement utilisée comme une arme ou un moyen de communiquer entre eux.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.