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Les preuves d’une vie passée sur Mars ?

Crédits : Aynur_zakirov / pixabay

Des images capturées par l’astromobile Curiosity révèlent des structures qui pourraient bien être d’origine bactérienne ancienne.

La géobiologiste Nora Noffke est une spécialiste des formations géologiques façonnées par des organismes vivants. Elle a soigneusement examiné les images des sédiments du Lac Gillespie, dans le cratère de Gale où le rover de la NASA crapahute depuis deux ans et demi, et en est arrivé à la conclusion qu’ils pourraient bien être d’origine bactérienne. Le Lac Gillespie est asséché depuis des centaines de millions d’années, mais a été par le passé rempli d’eau de manière sporadique, à une époque où le climat martien était bien plus chaud et humide que maintenant.

Sur Terre, les microbes se construisent des « maisons », savamment appelées « structures sédimentaires microbialement induites ». C’est grâce à ces cailloux que les géologues peuvent être certains que les plus anciennes traces de vie sur notre planète remontent à 3,480 milliards d’années. Ce sont plus précisément des tapis microbiens que Nora Noffke pense avoir identifié. Ces communautés de bactéries vivent sur les fonds des plans d’eau peu profonds, et laissent derrière elles des structures sédimentaires très particulières que la chercheuse étudie depuis vingt ans.

L’hypothèse de vie ancienne sur Mars est tentante, et semble raisonnable, compte tenu de ce que nous savons du climat passé de la planète. Mais des affirmations extraordinaires demandent des preuves extraordinaires, et la communauté scientifique n’est pas prête à accepter que la vie ait existé sur Mars en se basant uniquement sur ces indices. Pour identifier avec certitude les formations que Nora Noffke a décrites, il faut découper la roche en tranches très fines, et les observer sous microscope. Curiosity n’est pas capable d’effectuer une telle manipulation, il faudrait donc envoyer une autre mission pour lever tout doute.

L’idéal serait un retour d’échantillon, avec un robot qui ramasse des morceaux de sol martien, et les charge dans une fusée capable de revenir sur Terre. Hélas, une telle mission aurait un coût prohibitif, et pose des défis d’ingénierie énormes. Une autre option serait d’envoyer un robot capable d’observer directement des tranches de roche sous microscope.

Dans tous les cas, Curiosity n’est pas suffisamment bien équipée pour nous fournir une réponse définitive sur la nature de ces tapis. Mais à mesure que l’astromobile remonte la pente du cratère, elle observe des sédiments de plus en plus jeunes. Si la vie s’est développée au-delà du stade bactérien, il pourrait bien y avoir des fossiles directement observables avec ses caméras. Une autre indication forte de l’existence de vie passée serait aussi l’observation d’autres formations géologiques, semblables à celles que Nora Noffke a observé.

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Source : Astrobilology