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Les prémices d’une fusion à venir déjà visibles dans la Voie Lactée

L'emplacement de cette grappe de jeunes étoiles, à la périphérie de la Voie lactée. Crédits : D. NIDEVER; NASA.

La Voie Lactée va fusionner avec le Grand et le Petit Nuage de Magellan dans deux milliards d’années environ. Mais le processus est probablement déjà en cours.

Dans la Voie Lactée les plus jeune étoiles évoluent dans le “centre-ville”, tandis que les plus anciennes se reculent “en banlieue”. Récemment, des astronomes analysant les données du télescope Gaia ont pourtant enregistré la présence d’un petit amas d’étoiles visiblement très jeunes – à peine 120 millions d’années – aux abords de la Galaxie.

Les analyses spectrales de ces objets ont également révélé qu’elles avaient une composition extragalactique. Autrement dit, elle ne se sont pas formées dans la Voie Lactée. Mais alors, d’où viennent-elles ?

Ces jeunes étoiles (un milliers d’objets) évoluent actuellement près du Courant magellanique, un pont de gaz situé dans le sillage des nuages de Magellan, qui s’étend vers la Voie Lactée. Selon Adrian Price-Whelan, du Flatiron Institute of Computational Astrophysics, ces étoiles se seraient formées à partir du gaz de ce courant se mêlant à celui entourant notre Galaxie. Au fil du temps les étoiles se seraient rapprochées pour finalement intégrer la Voie lactée.

Une fusion plus proche qu’on ne le pensait

Jusqu’à présent il a toujours été compliqué de mesurer la distance du flux magellanique par rapport à notre Galaxie. Grâce à ces nouvelles étoiles, les chercheurs estiment aujourd’hui qu’il se place à environ 90 000 années-lumière, soit environ la moitié de la distance précédemment estimée.

Il s’agit donc peut-être d’un petit groupe d’étoiles, mais qui a de grandes implications pour notre Galaxie.

En effet, « si le courant magellanique est plus proche, il est donc probable qu’il sera intégré à la Voie lactée plus tôt qu’on ne le pensait, analyse David Nidever, de l’Université d’État du Montana (États-Unis) et co-auteur de l’étude. Finalement, ce gaz se transformera en nouvelles étoiles sur le disque de la Voie lactée ».

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Le Petit nuage de Magellan (en bas) et le Grand nuage de Magellan (en haut),
Crédits : Wikipedia

La Galaxie prend plus qu’elle ne rend

Cette étude s’accorde également avec de récents travaux suggérant que notre Galaxie semble aujourd’hui absorber plus de gaz qu’elle n’en rejette.

Des chercheurs s’appuyant sur le Cosmic Origins Spectrograph (COS), installé sur le télescope Hubble, ont en effet récemment effectué un “audit” des gaz entrants et sortants dans la Voie Lactée. Après analyses de 187 nuages de gaz et de poussière, il est alors ressorti que notre Galaxie présentait un excédent de gaz.

La Voie Lactée semble donc “voler” de la matière ailleurs. Selon les chercheurs, ce gaz pourrait provenir du le milieu intergalactique (principalement de l’hydrogène). Mais il est également possible que la Voie lactée utilise déjà son grand pouvoir d’attraction pour absorber des réserves de gaz dans les galaxies voisines plus petites, comme les deux nuages de Magellan.

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