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Les ponts en verre peuvent-ils vraiment se briser sous nos pieds ?

Crédits : capture YouTube / 水灵灵Water Lingling

Jusqu’à aujourd’hui, ce type de pont était considéré comme très fiable. Néanmoins, un incident récent a soulevé des questions en Chine. Un touriste s’est retrouvé en plein naufrage à une centaine de mètres du sol après que plusieurs plaques d’un pont de verre se soient brisées sous ses pieds.

Un incident sans précédent

Et si les ponts en verre n’étaient pas si fiables qu’on le pensait ? Si tel est le cas, il pourrait s’agir d’une “catastrophe” notamment pour le plus long pont de verre au monde. Se situant dans le grand canyon de Zhangjiajie dans la province du Hunan (Chine), il s’agit d’une véritable attraction touristique avec ses 430 m de longueur et 6 m de large perchés à 300 m de hauteur.

Comme le révélait l’agence de presse chinoise Xinhua le 8 mai 2021, un incident heureusement sans conséquence regrettable a eu lieu sur un autre pont de verre, à savoir celui de la ville de Longjing (province du Jilin) se trouvant à cent mètres de hauteur. En milieu de journée, des vents atteignant une vitesse maximale de 150 km/h ont emporté plusieurs plaques de verre du pont. Un touriste a été soudainement pris au piège, mais a survécu en s’accrochant à l’armature de l’édifice. Secouru par la police, les pompiers et les gardes forestiers, l’homme a été finalement conduit à l’hôpital pour une vérification de sa santé mentale et physique.

Malgré le fait que les secours n’aient déploré aucune victime, de nombreux internautes ont réagi en ligne, notamment sur le réseau social Weibo. Certains s’interrogeaient sur un éventuel laxisme en ce qui concerne l’entretien du pont et d’autres disaient ne pas vouloir marcher sur ce genre d’édifice trop dangereux. Faut-il vraiment craindre de futurs drames au niveau des ponts en verre ?

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Crédits : capture YouTube / 水灵灵Water Lingling

Un risque minime

Dans un article publié le 11 mai, le magazine NewScientist a interrogé Paul Bingham. Et ce spécialiste britannique en physique des matériaux est formel : il se sent capable de traverser n’importe quel pont en verre. Il s’agit évidemment d’une façon très singulière d’affirmer que les risques sont minimes. Néanmoins, l’expert rappelle que les équipes de conception des autres ponts en verre doivent redoubler de vigilance.

Selon lui, le verre est fragile en deux points. En effet, il est friable et dépourvu de cristaux. Autrement dit, toute faille est pratiquement impossible à stopper. En général, on évite cela en le couplant à un polymère. Ainsi, la présence de plusieurs couches fait que si une d’entre elles cède, la plaque reste tout de même en place. Par ailleurs, le verre des ponts est également renforcé avec du nitrate de potassium grâce à une méthode reprenant le principe du choc thermique.

L’expert estime que le verre des ponts a très peu de chances de se briser, à moins que l’on décide de frapper dessus extrêmement fort. Il a estimé que c’était comme « essayer de remplir une machine à laver avec de nouveaux vêtements alors qu’elle est déjà pleine. On peut y parvenir, mais cela crée un champ de contraintes qu’il faut frapper très fort si on souhaite parvenir à le rompre ». Pour lui, l’incident du pont de Longjing a des chances de faire figure d’exception durant encore très longtemps. C’est une chance quand on sait que ces ponts sont de plus en plus populaires, notamment en Chine où une soixantaine se trouvaient en construction en 2016.