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Les 10% les plus riches sont responsables de la moitié des émissions de CO2

Crédits : Free-Photos / pixabay

Un rapport signé Oxfam met en lumière les inégalités extrêmes en matière d’émissions de CO2. Selon l’ONG, entre 1990 et 2015, les 10% les plus riches de la population mondiale ont été responsables de 52% des émissions de CO2 cumulées.

Dans son nouveau rapport “Combattre les inégalités des émissions de CO2”, l’ONG Oxfam présente une analyse des émissions de GES liés à la consommation de différents groupes de revenus entre 1990 et 2015. Une période au cours de laquelle nous avons doublé la quantité de dioxyde de carbone émise dans l’atmosphère. Les principaux points à retenir :

Les 10 % les plus riches de l’humanité ont été à l’origine de plus de la moitié (52 %) des émissions cumulées.

– Sur cet échantillon, les 1 % les plus riches représentaient à eux seuls plus de 15 % des émissions cumulées pendant cette période, soit plus que les émissions totales cumulées de l’ensemble des Européens, et deux fois plus que la moitié la plus pauvre de l’humanité (7 %).

«Au cours des 20-30 dernières années, la crise climatique s’est amplifiée et le budget carbone mondial limité a été dilapidé au service d’une intensification de la consommation d’une population nantie, et non pour sortir des personnes de la pauvreté, dénonce Armelle Le Comte, de chez Oxfam France. Et les groupes qui souffrent le plus de cette injustice sont les moins responsables de la crise climatique : les plus pauvres et les générations futures», poursuit l’ONG.

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Crédits : FastFlash / Pixabay

«La France doit prendre sa part de responsabilité»

À noter qu’en France, les inégalités ont également été marquées. Toujours sur la période 1990-2015, les 10% les plus riches ont été responsables de plus d’un quart des émissions cumulées de CO2 (27%). C’est quasiment autant que la moitié la plus pauvre de la population française (28%). En 2015, peut-on lire également, l’empreinte carbone moyenne des 1% les plus riches était 13 fois plus élevée que celle des 50% les plus pauvres.

«La France doit prendre sa part de responsabilité, notamment dans le cadre de la relance de son économie, écrit ainsi le rapport. Il serait inimaginable que le gouvernement baisse aveuglément les impôts des grandes entreprises polluantes et leur verse des aides sans aucune contrepartie écologique et sociale. Le gouvernement doit au contraire investir dans les services publics et les secteurs sobres en carbone, comme les transports publics. Ce sont les conditions sine qua non pour faire face à la crise climatique et enrayer le creusement des inégalités».

Rappelons qu’une étude publiée l’année dernière dans PNAS avait également pointé du doigt les inégalités économiques inhérentes au réchauffement climatique. On remarquait alors qu’entre 1961 et 2010, les pays les plus riches – qui sont également les plus gros émetteurs de CO2 – ont bénéficié d’un PIB moyen par habitant environ 10% plus élevé que dans un monde sans réchauffement climatique. À l’inverse, sur la même période, les plus petits pays émetteurs ont enregistré une baisse d’environ 25% de leur PIB moyen par habitant.

Ainsi, les pays qui payent le prix fort ne sont pas les principaux responsables de leur malheur.