Les plus de 50 ans touchés par une épidémie de cancers précoces !

cancer du coeur
Illustration de cellules cancéreuses. Crédits : iLexx/iStock

Un constat alarmant émane du Brigham and Women’s Hospital de Boston, aux États-Unis : une véritable « épidémie » de cancers précoces semble toucher les adultes de moins de 50 ans. Cette observation perturbante, publiée dans Nature Reviews Clinical Oncology, pointe du doigt une augmentation significative de cette maladie au cours des trois dernières décennies.

Une montée incessante de cancers précoces

L’inquiétude réside dans le fait que cette vague de cancers précoces frappe une population traditionnellement moins exposée à cette maladie. Généralement, le cancer est associé à un public de plus de 50 ans, mais depuis les années 1990, le nombre de personnes de moins de 50 ans atteintes par ce fléau ne cesse d’augmenter à l’échelle mondiale. Plus préoccupant encore, cette tendance ne montre aucun signe de ralentissement 30 ans plus tard.

Comprendre le cancer : une multiplication cellulaire débridée

Le cancer est une maladie caractérisée par la prolifération incontrôlée de certaines cellules. Au sein de l’ADN cellulaire, des mutations apparaissent occasionnellement, et le corps a la capacité de les réparer. Cependant, dans certaines situations, ces altérations de l’ADN désactivent les mécanismes de contrôle de la division cellulaire, laissant les cellules se multiplier de façon inappropriée. Ces cellules cancéreuses donnent naissance à une tumeur qui croît au détriment des cellules saines avoisinantes. Au fil des divisions, la tumeur prend de l’ampleur, et des cellules peuvent se détacher de cette masse pour coloniser d’autres organes, formant ainsi des cancers secondaires, appelés métastases.

cancer du poumon
Crédits : utah778/iStock

Il convient de noter que toutes les tumeurs ne sont pas cancéreuses. Dans le jargon médical, une tumeur est une augmentation de volume tissulaire sans précision de la cause. Dans une tumeur bénigne, les cellules concernées se multiplient localement et ne génèrent jamais de métastases. En revanche, une tumeur maligne est une masse de cellules cancéreuses.

Une augmentation du risque de cancer à chaque génération

Pour comprendre la montée des cancers précoces, les chercheurs du Brigham and Women’s Hospital ont analysé des données concernant 14 types de cancer, notamment le cancer du sein, le cancer colorectal, le cancer de l’endomètre, le cancer de l’œsophage, le cancer du pancréas, et bien d’autres. Leur analyse a mis en lumière un phénomène appelé « effet de cohorte de naissances ». Une cohorte se réfère à un groupe de personnes ayant vécu un événement similaire à une époque donnée. En ce qui concerne l’augmentation des cancers précoces, cet effet dévoile que le risque de développer un cancer à un âge précoce augmente d’une génération à l’autre. Ainsi, les individus nés en 1960 présentaient un risque plus élevé de développer un cancer avant 50 ans que ceux nés en 1950, et cette tendance ne cesse de progresser, les personnes nées en 1970 affichant un risque encore plus élevé.

Une incidence croissante liée au mode de vie

Les chercheurs affirment que nous sommes confrontés à une véritable épidémie de cancers précoces depuis les années 1990. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette tendance inquiétante. Bien que l’amélioration des techniques de dépistage ait pu jouer un rôle, son impact est limité, car cette hausse d’incidence des cancers précoces survient même dans des pays sans programme de dépistage.

L’hygiène de vie est pointée du doigt. Après la Seconde Guerre mondiale, et surtout dans les années 1960, les aliments transformés et ultratransformés ont fait leur apparition. Parmi les 14 types de cancer analysés, huit sont liés à des cancers du système digestif. Ces aliments perturbent significativement le microbiote intestinal, qui joue un rôle majeur dans la protection du système digestif.

D’autres facteurs de risque contribuant à cette épidémie de cancers précoces incluent la surconsommation de sucre présente dans les boissons sucrées, l’obésité, le diabète de type 2, la consommation excessive d’alcool et le mode de vie sédentaire.

Les chercheurs entendent poursuivre leur étude en suivant des enfants sur le long terme, tout en préconisant la mise en place de programmes éducatifs pour sensibiliser les jeunes à l’importance d’adopter un mode de vie sain. Cette prise de conscience s’avère essentielle pour inverser la trajectoire de cette inquiétante épidémie de cancers précoces.