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Les plus anciennes preuves de vie terrestre mises à jour en Afrique du Sud

Crédits : Flickr / billandkent

Il y a environ 3,22 milliards d’années, des couches de microbes recouvraient des cailloux dans ce qui était peut-être un ancien lit de rivière. Selon une nouvelle étude, ces anciens tapis microbiens conservés récemment découverts en Afrique du Sud sont peut-être la plus ancienne preuve de vie terrestre.

Les preuves géologiques laissent entendre que la vie existait dans les océans il y a 3,8 milliards d’années. Mais les signes d’une vie « terrestre » se font plus rares. Peut-être parce que la majeure partie de la planète était sous l’eau jusqu’à il y a 3 milliards d’années ? « L’idée que la vie a touché terre au début de l’histoire de notre planète existe pourtant depuis des décennies, explique Hugo Beraldi Campesi, géobiologiste à l’Université nationale autonome du Mexique, qui n’était pas impliqué dans la nouvelle recherche. Le problème était toujours le manque de preuves tangibles – jusqu’à maintenant. Cette nouvelle découverte confirme donc l’idée que les continents abritent la vie depuis longtemps ».

Les chercheurs, menés par Martin Homann, sédimentologue à l’Institut européen d’études marines (France), ont découvert ces microbes fossilisés sur le flanc d’une falaise rocheuse dans les monts Barberton Makhonjwa, à l’est de l’Afrique du Sud. C’est là que se trouvent des certaines des plus anciennes formations géologiques. Les fossiles sont intégrés dans un morceau de roche du Moodies Group, qui représente l’une des rives rocheuses les plus anciennes du monde.

Les microbes sont extrêmement bien conservés, se présentant comme des feuilles épaisses qui recouvrent des cailloux, un signe que les créatures vivaient sur un ancien lit de rivière – un environnement considéré comme terrestre – plutôt que sur une plage de sable. Des caractéristiques semblables à des ondulations suggèrent que l’eau coulait dans une seule direction, preuve supplémentaire que les microbes vivaient probablement le long de la rivière. « C’est par définition le lit de rivière le plus ancien de la Terre », explique à Livescience Stefan Lalonde, principal auteur de l’étude publiée dans la revue Nature Geoscience. « Et il contient déjà la vie ».

Les fossiles en strates se sont ici formés lorsqu’une couche de sédiments a recouvert une autre de microbes. Plus tard, une autre pellicule de microbes s’est formée sur le dessus. Au fil du temps, des couches de microbes et de sédiments se sont empilées unes sur les autres (un peu comme des lasagnes). Les fossiles contiennent par ailleurs de la matière organique, comme des atomes de carbone et d’azote qui faisaient autrefois partie de ces organismes.

Une analyse de ces atomes suggère que ces anciens microbes ont prospéré en consommant du nitrate (un atome d’azote lié à trois atomes d’oxygène). Lorsque ces microbes vécurent, pendant l’ère archéenne (qui a duré de 4 milliards à 2,5 milliards d’années), l’atmosphère de la Terre n’était pas remplie d’oxygène comme c’est le cas actuellement. Mais un métabolisme à base de nitrates semble être le type de métabolisme le plus efficace – du point de vue énergétique – après un métabolisme à base d’oxygène.

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