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Les plantes n’aiment pas être touchées, et elles le font savoir

Crédits : Dimitrije Markovic / Plos One

Les plantes n’aiment pas être touchées. Si une plante évolue trop près d’une plante voisine, alors son accès à la lumière du soleil est menacé. De nouvelles recherches montrent en effet que les plantes sensibles au toucher peuvent communiquer un message d’avertissement à leurs voisins, leur “conseillant” d’ajuster leurs modèles de croissance en conséquence.

Si vous êtes dérangé(e) par quelqu’un qui se rapproche un peu trop près de votre “bulle de confort”, vous pouvez vous déplacer, ou exprimer votre mécontentement. Les plantes, elles, ne peuvent pas bouger, elles sont immobiles. Elles ne sont pas non plus capables d’expression verbale; ainsi les plantes ont dû développer d’autres façons de communiquer leurs conditions défavorables. Des études antérieures ont montré que les plantes peuvent communiquer les unes avec les autres en envoyant des signaux chimiques à travers le sol, mais la mesure dans laquelle ces messages sont influencés par des événements physiques au-dessus du sol est encore mal comprise.

Une nouvelle étude publiée cette semaine dans PLoS One montre que les feuilles de certaines plantes sont “sensibles au toucher”, et que le frottement de leurs “coudes végétatifs” déclenche un signal de stress chimique directement sous terre. Les plantes apparentées qui reçoivent alors le signal “Je suis encombrée” modifient ensuite leur schéma de croissance en conséquence.

Velemir Ninkovic, de l’Université suédoise des sciences agricoles, fit cette observation sur des plants de maïs cultivés dans une solution de croissance. En brossant légèrement leurs feuilles pour simuler le contact d’une feuille de plante voisine, le chercheur enregistra alors la sécrétion de produits chimiques par les plantules de leurs racines et dans la solution de croissance. En cultivant de nouveaux semis dans ce bain infusé chimiquement, la nouvelle plante a finalement produit plus de feuilles, mais moins de racines, comparativement aux témoins. Les nouveaux semis ont donc ajusté leur croissance, produisant plus de feuilles dans le but de “ramasser” un maximum de lumière du Soleil.

Pour s’assurer que ce n’était pas une réponse aléatoire, le chercheur a mené une seconde expérience. Des plantules de maïs ont été invitées à choisir deux solutions de croissance différentes dans laquelle elle souhaitait évoluer, une dans laquelle des plantes avaient été touchées et une autre dans laquelle elles n’avaient pas été touchées. En observant la croissance des plantes, il observa alors que la racine primaire de chaque plantule se rapprochait de la solution de croissance des plantes intactes et non stressées, indiquant que les semis pouvaient faire la différence entre les deux solutions de croissance.

En transmettant le signal de stress, la plante aide ainsi son parent génétique à éviter une zone de surpeuplement et le besoin de cultiver plus de feuilles pour capturer une ressource potentiellement en déclin : la lumière du soleil. “Nos résultats montrent que la communication plante-plante aérienne par contact bref peut provoquer des réactions chez les plantes non touchées à proximité par la communication souterraine“, note le chercheur. “Cela indique que les plantes voisines peuvent être affectées de manière significative par les conditions physiques auxquelles ces voisines sont exposées“.

Cette étude révèle un niveau de complexité jamais vu auparavant dans les interactions souterraines entre plantes. Incroyablement, ce qui se passe au-dessus du sol peut donc être communiqué sous la surface aux parents voisins.

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