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Les personnes déprimées s’étant suicidées ont toutes au moins un point commun

Crédits : Max Pixel

La conséquence la plus dramatique de la dépression n’est autre que le suicide. Selon une étude, les personnes déprimées s’étant donné la mort volontairement ont toutefois un point commun. Celui-ci se trouve au niveau de la composition cellulaire de leur cerveau. Les chercheurs ont évoqué le “dysfonctionnement astrocytaire” comme une des causes du suicide.

Un nombre réduit d’astrocytes dans le cerveau

Souvent nommée dépression clinique, la dépression est un trouble mental dont la conséquence la plus grave possible est le suicide. Selon une étude de l’Académie de Médecine menée en France et publiée en 2014, 5 à 20 % des patients déprimés se suicideraient. Par ailleurs, le risque est trois fois plus important chez les hommes que chez les femmes. Les causes de la dépression sont évidemment multiples, mais l’une de ces dernières vient de faire l’objet d’une étude disponible dans la revue Frontiers in Psychatry depuis le 4 février 2021.

Les chercheurs de l’Institut Universitaire en Santé Mentale Douglas de l’Université McGill (Québec) ont en effet évoqué le dysfonctionnement astrocytaire comme étant une des causes de la dépression. Selon Naguib Mechawar, coauteur de l’étude, de nombreuses régions du cerveau chez des adultes souffrant de dépression et morts par suicide avaient une quantité réduite d’astrocytes. Or, les astrocytes sont des cellules soutenant le fonctionnement optimal des neurones du cerveau. Une étude de 2017 suggérait même que ces cellules pouvaient être une pièce maîtresse de notre horloge biologique.

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Crédits : GerryShaw / Wikipedia

Il faut savoir que ces conclusions ont été réalisées grâce à des analyses post-mortem. Naguib Mechawar en a alors profité pour vanter les mérites du don de tissus à la recherche scientifique. Ce dernier permet en effet de mieux comprendre les dysfonctionnements cellulaires et moléculaires sous-jacents aux troubles cérébraux. Par extension, le don de tissus à la recherche permet le développement de meilleurs traitements.

Renforcer la production d’astrocytes pour éviter un suicide

Selon les chercheurs, les tissus cérébraux ayant fait l’objet d’une analyse provenaient de deux groupes de patients. Le premier était constitué de personnes mortes de manière brutale sans aucun trouble psychiatrique. Le second était composé de patients décédés par suicide en raison d’une dépression clinique. Les scientifiques ont indiqué avoir compté à l’aide d’un microscope le nombre d’astrocytes dans des coupes transversales du cerveau pour en estimer le nombre dans chaque région.

Il faut savoir qu’aujourd’hui, aucun antidépresseur n’a pour mission de cibler directement les astrocytes. Néanmoins, l’étude de l’Université McGill pourrait permettre d’ouvrir la voie vers le développement de traitements adaptés. De plus, les chercheurs sont optimistes, car l’étude a révélé une bonne nouvelle. Si les patients des deux groupes avaient un nombre différent d’astrocytes, la structure de ces cellules était similaire et n’avait donc subi aucune altération. Pour les scientifiques, l’objectif serait donc plutôt de renforcer la production de nouveaux astrocytes chez les patients déprimés.

L’étude en question a toutefois une limite. En effet, les échantillons analysés provenaient tous de patients masculins. Les chercheurs ont indiqué que lors des futures recherches, ils intégreront des échantillons de patients féminins.