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Les perroquets peuvent-ils aussi donner sans rien attendre en retour ?

Crédits : Anastasia Krasheninnikova

Les perroquets gris d’Afrique sont capables d’aider leurs congénères à se nourrir. Et ils pourraient le faire de manière tout à fait désintéressée.

Faire preuve d’altruisme – donner sans rien espérer en retour – les humains en son capables, tout comme les orangs-outans et les bonobos. Qu’en est-il des oiseaux ? Une récente étude publiée dans la revue Current Biology suggère que les perroquets gris africains pourraient également rejoindre ce club très fermé (mais pas les aras à tête bleue).

Désirée Brucks, de l’Institut Max Planck d’ornithologie, explique pourquoi il a mené cette expérience avec des perroquets. « Tout comme les corvidés, ils sont vraiment connus pour être les oiseaux les plus brillants du monde. On les appelle souvent les “singes à plumes” ».

Ces oiseaux sont en effet capables de résoudre des problèmes, et font preuve de grandes capacités d’apprentissage. Mais qu’en est-il de la notion de partage ?

Une étude précédente a montré que les corbeaux, par exemple, ne prennent pas la peine d’aider leurs pairs à accomplir une tâche. Les chercheurs ont donc voulu savoir ce qu’il en était pour les perroquets gris africains.

Des perroquets très généreux !

Pour cette étude, les chercheurs ont recruté huit perroquets (six femelles et deux mâles). Dans un premier temps, tous les oiseaux ont appris à échanger des rondelles métalliques à travers un trou contre des friandises. Le but était qu’ils prennent conscience qu’en donnant le petit jeton à l’humain, ils étaient récompensés.

Ensuite, les oiseaux ont été testés deux par deux. Chaque perroquet était placé dans un compartiment aux parois transparentes. Les deux compartiments étaient accessibles via une petite fenêtre. Et seulement l’un d’entre eux disposait d’une seconde fenêtre lui donnant accès à l’humain (et donc à la friandise).

Au cours des différents tests, l’expérimentateur a placé les jetons dans le compartiment de l’oiseau n’ayant pas accès à la friandise. Celui qui avait accès à l’expérimentateur n’avait donc aucun moyen d’avoir une récompense (puisqu’il n’avait pas de jetons).

Au terme de l’étude, il est finalement ressorti que sept des huit oiseaux ont donné au moins un jeton à leur partenaire afin que celui-ci puisse recevoir une friandise de l’expérimentateur. Comme ci-dessous :

Lorsque la fenêtre de leur partenaire donnant accès aux friandises était fermée, les perroquets ont passé moins de jetons à travers le trou. Cette observation, notent les chercheurs, suggère que la raison pour laquelle quasiment tous les oiseaux ont passé des jetons à travers le trou était qu’ils voulaient aider leur ami à recevoir une récompense.

Plus tard les chercheurs ont mené les mêmes expériences avec une autre espèce de perroquets : des aras à tête bleue. Ces oiseaux sont également connus pour être très sociaux. Mais, à la manière des corbeaux, aucun des aras n’a proposé un jeton à son partenaire durant l’étude.

Ainsi les perroquets gris africains sont capables de reconnaître un partenaire dans le besoin, et de prendre l’initiative de l’aider. Est-ce pour autant faire preuve d’un véritable altruisme ? Difficile à dire, notent les chercheurs. En effet, on ne sait pas si les perroquets ont aidé leur congénère dans l’attente d’une aide réciproque à l’avenir. Cela reste à étudier, concluent-ils.

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