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Les oies migratrices sont épuisées par le réchauffement climatique

Crédits : Pixabay / Free-Photos

Chaque printemps, des milliers d’oies bernaches migrent depuis le nord de l’Europe et le nord-ouest de la Russie vers leurs aires de nidification d’été dans l’Arctique. Long de 3 000 kilomètres, le voyage prend habituellement environ un mois. Mais de nouvelles recherches ont montré que la hausse des températures dans l’Arctique pousse les oies à faire le voyage en une semaine. Et elles sont épuisées.

Vous retrouverez les oies bernaches (Branta leucopsis) en Europe, en Russie, au Royaume-Uni, au pays de Galles et dans l’Arctique. Jusqu’à ces dernières années, elles arrivaient dans l’Arctique au moment où la fonte des neiges exposait leurs sites de nidification et initiait la croissance des plantes. Les oiseaux pondaient presque immédiatement leurs œufs, qui pouvaient alors éclore une trentaine de jours plus tard. Mais au cours des dernières décennies, les choses ont changé. Les températures dans l’Arctique se réchauffent de plus en plus tôt dans la saison – environ un jour par an – ce qui exerce une pression considérable sur les oiseaux migrateurs.

Les oies essaient néanmoins de faire face. Les scientifiques ont découvert que les oiseaux partent toujours à peu près à la même période chaque année, mais ils ont raccourci leur temps de déplacement vers l’Arctique. Un voyage qui prenait en moyenne un mois prend maintenant environ une semaine seulement, le but étant de ne pas raccourcir le temps passé sur les sites de nidification.

Au lieu de déposer rapidement leurs œufs comme elles le font habituellement lorsqu’elles arrivent en Arctique, les oies épuisées ont en revanche besoin de plus d’une semaine pour récupérer et accumuler suffisamment d’énergie avant de pouvoir commencer à nicher. Au moment où les animaux sont prêts à pondre leurs œufs, les herbes et les plantes dont ils se nourrissent poussent déjà depuis quelques semaines. En conséquence, les oisons sortent de leurs œufs après la saison de croissance maximale plutôt que pendant celle-ci, ce qui entraîne chez eux un déclin du taux de survie.

Les chercheurs prédisent que les oies bernaches pourraient ne pas être en mesure de suivre un tel réchauffement continu, et que par conséquent leur population pourrait en souffrir. Pour elles, la clé serait de partir plus tôt.

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