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Les océans commencent dangereusement à manquer d’oxygène

Crédits : Pixabay

Un rapport de l’UICN suggère que les océans ont perdu beaucoup d’oxygène depuis les années 1960. En outre, il y aurait aujourd’hui quinze fois plus de “zones mortes” qu’il y a soixante ans.

Les espèces terrestres ont besoin d’oxygène pour vivre, mais n’oublions pas que les espèces marines également. Vous et moi ne manquons pas d’oxygène. En revanche, les poissons et crustacés commencent de leur côté à suffoquer. C’est en tout cas le constat d’un nouveau rapport signé de l’UICN.

On apprend en effet que les océans du monde entier ont perdu environ 2% de leur oxygène entre 1960 et 2010. Il y aurait également 700 “zones mortes” (des parties de l’océan où l’oxygène est absent) contre 45 comptabilisées il y a environ soixante ans.

L’Homme en grande partie responsable

Ce phénomène de désoxygénation se produit parce que l’oxygène est moins soluble dans l’eau plus chaude. Il a toujours existé, pouvant être provoqué de manière naturelle par des phénomènes météorologiques extrêmes ou des courants océaniques particuliers par exemple. En revanche, les activités humaines ont tendance à réchauffer davantage les océans depuis le début de l’ère industrielle. Le phénomène de désoxygénation se retrouve alors exacerbé.

Le problème est que de nombreuses espèces comme le thon ou les requins sont sensibles à ces niveaux d’oxygène. Ces poissons peuvent en effet être très gros et dépenser beaucoup d’énergie. Les crustacés sont également en première ligne dans la mesure où ils ne peuvent pas fuir ces “zones mortes”. Résultat, ils meurent sur place, généralement suite au développement de bactéries méthanogènes.

requins
Crédits : PIRO4D/pixabay

Des mesures immédiates

Le constat de ce rapport est déjà inquiétant, mais les chercheurs soulignent que les problèmes ne feront qu’empirer si rien n’est fait pour endiguer la crise climatique. Au rythme actuel, les niveaux d’oxygène dans l’océan pourraient chuter jusqu’à 4% d’ici 2100. Si tel est le cas, alors la chaîne alimentaire se retrouvera alors dangereusement sous pression.

L’appauvrissement en oxygène des océans menace les écosystèmes marins déjà soumis au stress du réchauffement et de l’acidification des océans“, explique Dan Laffoley, le coauteur de ce rapport. “Pour arrêter l’expansion inquiétante des zones pauvres en oxygène, nous devons réduire de manière décisive les émissions de gaz à effet de serre ainsi que la pollution par les nutriments provenant de l’agriculture et d’autres sources“.

De son côté, Minna Epps, directrice du programme mondial marin et polaire de l’UICN, se tourne vers les politiques, alors que se tient actuellement la COP25 à Madrid. “Une action mondiale urgente pour surmonter et inverser les effets de la désoxygénation des océans est nécessaire“, a-t-elle déclaré. “Si rien n’est fait, les zones marines autrefois riches en oxygène seront irrévocablement perdues“.

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