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Les mystérieuses “danses” des abeilles décodées par des scientifiques

Crédits : castleguard/Pixabay

Nous savons depuis longtemps que les abeilles effectuent des “pas de danse” pour communiquer avec leurs congénères. Mais jusqu’à présent, les chercheurs n’avaient jamais été en mesure de décoder leur signification. C’est désormais chose faite.

Les populations d’abeilles déclinent dangereusement. La situation est alarmante dans la mesure où ces insectes assurent une grande partie de la pollinisation des fleurs. L’un des principaux facteurs de cette mortalité – si l’on met de côté les pesticides ou les parasites – est la conversion des prairies indigènes en monocultures, ce qui peut réduire les quantités de pollen et de nectar disponibles.

Nous pourrions restaurer ces habitats, mais il y a encore beaucoup choses que les scientifiques ignorent sur les stratégies de recherche de nourriture de ces insectes. Quels types de fleurs sont les plus prisés ? Comment communiquent-elles entre elles ? Quand partent-elles à la recherche de nourriture ?

Avant de restaurer des habitats plus propices aux abeilles, il est nécessaire de répondre à toutes ces questions. Se faisant, nous serons plus à même de répondre à leurs besoins.

Analyser les “pas de danse” des abeilles

Pour cette nouvelle étude, des chercheurs de l’Université du Minnesota (États-Unis) se sont concentrés sur les fameux “pas de danse” des abeilles. Plus précisément, il a été observé qu’en entrant dans la ruche, les insectes décrivent parfois certains motifs en tournant sur eux-même et en faisant vibrer leur abdomen. Ils ont donc mis en place une expérience visant à décoder ces différents messages.

Pour ces travaux, des ruches ont été installées près de deux grandes prairies reconstruites dans le Minnesota. Les parois étaient en verre, de sorte que les chercheurs puissent observer ce qui se passait à l’intérieur. Pendant deux ans, ils ont observé puis analysé ces différentes vibrations opérées à l’entrée de chaque ruche, et les réactions qu’elles déclenchaient ensuite.

Au terme de l’étude, les chercheurs ont réussi à décoder plus de 1 500 de ces “danses”. Ils se sont aperçus que les abeilles, en fonction des motifs qu’elles décrivent en tournant sur elles-mêmes, forment un angle qui, par rapport au Soleil, indique la direction où se trouvent certaines fleurs nourrissantes.

Il ressort également que plus ces pas de danse sont longs et plus la distance où se trouvent ces fleurs est éloignée. Selon leurs observations, une seconde équivaut à environ à 750 mètres. Enfin, plus la source de nourriture est abondante, plus les abeilles vont répéter ces “danses”, et effectuer des rotations rapides.

L’une de ces danses est visible dans la vidéo ci-dessous – à 1: 24.

Préparer l’hiver

Il est également ressorti de cette étude que les abeilles communiquaient plus fréquemment avec leurs congénères à propos des sources de nourriture de août à septembre. Pour les chercheurs, cela pourrait s’expliquer par le fait que les colonies, à cette époque, stockent un maximum de nourriture pour se préparer à l’hiver.

En prélevant certaines abeilles, les chercheurs ont également réussi à analyser et séquencer le pollen chargé sous leurs pattes. Ils ont alors découvert que ces abeilles privilégiaient sept types de fleurs pour leur pollen.

Grâce à ces informations, les exploitants pourraient être en mesure de mieux nourrir les abeilles en leur proposant les “mets” qu’elles préfèrent. Toutefois, cette étude ne se concentre que sur les habitats du Minnesota. Il serait donc intéressant de reproduire ce type d’expérience ailleurs dans le monde.

L’avantage, c’est qu’en étant mieux nourries, les colonies seront plus à même de résister aux pesticides et aux agents pathogènes.

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